En 2000, l'instauration du quinquennat a conduit la 5ème République à un changement de régime qu'il convient notamment de mieux appréhender au sein du parti socialiste.
D'abord en formalisant le fait que celui-ci a conforté le régime des partis et particulièrement des partis dits de Gouvernement tels que l'UMP et le PS.
Ensuite en instaurant un régime électoral vraiment Présidentiel.
Cette réforme s'est pleinement exprimée en 2007. Au-delà de la victoire de Nicolas Sarkozy, nous devons retenir que, pour la 1ère fois sous la Vème République, une majorité parlementaire s'est succédée à elle-même!
Le bilan de Jacques Chirac était médiocre; la candidature de N.Sarkozy nous apparaissait peu fédératrice. Ces deux constats renforcés par notre observation empirique des résultats électoraux nous conduisaient à une certitude d'alternance « automatique », et nous en déduisions à tord que cette élection était "imperdable".
Fin 2006, les militants socialistes pensaient ainsi avoir la faveur de désigner bien plus que notre candidat à la présidentielle en élisant déjà le futur Président.
Le Parti Socialiste n'a donc pas su prendre en considération ce virage institutionnel majeur.
Plus que jamais, une élection présidentielle se gagne par l'alchimie de deux talents:
- Un talent collectif capable de mûrir un projet crédible, alternatif, ancré à gauche.
- Un talent individuel, celui de notre candidat(e) capable de l'incarner aux yeux des français.
En outre, sauf accident obligeant à des élections intermédiaires, la cohabitation n'est plus guère possible et la majorité parlementaire sera inexorablement en cohérence avec l'appartenance politique du Président nouvellement élu ( d'où le régime des partis exprimé ci-dessus).
Ainsi, en 2O12, quel que soit le bilan de Nicolas Sarkozy, quelle que soit sa personnalité ou celle du candidat UMP qui voudra lui succéder, nous ne pourrons compter que sur nos forces de conviction donc de cohésion. L'alternance de la majorité au sein de l'Assemblée Nationale n'aura plus rien d'automatique!Hier, jeudi 15 mai, le monde enseignant exprimait ses inquiétudes, son mal-être trempé d’un manque de reconnaissance. A force de s’entendre dire qu’ils sont trop nombreux, inefficaces, incompétents, flemmards, toujours en vacances, à force de caricaturer à l’excès leur soit disant corporatisme conservateur d’acquis indus, je comprends leur colère.
Pourtant ce malaise chacun d’entres nous le mesure intimement. Chacun d’entres-nous qui a eu à diriger une classe, à gérer le comportement de 40 enfants ou adolescents, comprends les réelles difficultés de ce beau mais épuisant métier.
Ceux qui pallient souvent à la démission des parents ne peuvent plus assumer ce minimum d’estime de notre société amplifiée par le mépris du Gouvernement actuel.
Le Service Minimum d’Accueil est une réponse indigne de la part du Ministre et pire encore du Président de la République.
Au lieu d’apporter des réponses aux inquiétudes et aux colères légitimes qui se sont exprimées, ceux-ci se mobilisent pour créer les
conditions d’un nouveau et détestable conflit, ayant pour objectif d’opposer et de diviser un peu plus encore nos concitoyens. Les véritables problèmes de l’Éducation nationale méritaient un
autre engagement, une autre déclaration d’intention, que cette fuite en avant démagogique et irresponsable.
En outre, cet écran de fumée médiatique porte aussi une supercherie d’une autre nature, celle de vouloir transférer le poids de ces conflits vers les collectivités locales. En clair, l’Etat ne
pouvant assurer l’accueil des enfants au sein de ses écoles de la République les jours de grève, il incombera aux mairies d’assurer la garderie scolaire sous sa responsabilité, avec des
contreparties financières très illusoires.
Ce pis-aller est une honte car il n’a comme seul objectif que d’orienter les débats et les médias vers de fausses pistes. La fuite n’est pas une méthode de gouvernement.


