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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Economie

Dimanche 9 juillet 2006 7 09 /07 /Juil /2006 17:33

Ca y est, c’est fait. Après 5 mois de poker-menteur, l’indien Mittal-Steel et le français Arcelor ne forment plus qu’un seul géant producteur d’acier. La logique financière a vaincu sans trop de combats le patriotisme économique dont se targuait pourtant jusqu’au début du mois de juin notre Gouvernement. Les 27000 salariés français d’Arcelor sont plongés dans l’expectative la plus fébrile quand quelques centaines d’actionnaires de cette entreprise sont au contraire aux anges puisqu’ils ont gagné en quelques jours plus de dividendes qu’ils n’auraient pu en espérer. Faut-il rappeler en effet que cette OPA déclarée initialement hostile par Arcelor et le Gouvernement est devenue amicale dès lors que Mittal-Steel a renchérit son offre d’achat des actions de plus de 10%, désinhibant ainsi les réticences faussement éhontées des « patriotes » mais capitalistes avant tout, sans que par ailleurs ces mêmes actionnaires ou gouvernants n’aient eu à connaître le projet industriel motivé par cette fusion. Sauf à ce que celle-ci donne naissance à un mastodonte qui dictera sa loi sur le marché mondial de l’acier avec les conséquences incertaines en matières économiques et industrielles qui en découleront, comme il est à craindre des décentralisations ou des fermetures de sites. C’est à ce type de dérive que le projet socialiste devra répondre en permettant que l’Etat français puisse désormais s’opposer à une OPA dès lors qu’elle met en jeu des intérêts industriels nationaux majeurs.

Sans lien direct mais dans le même secteur d’activité, une entreprise historique du Libournais, implantée à Vérac, traverse elle aussi de très graves turbulences. Il s’agit des Fonderies du Bêlier, équipementier spécialisé dans la fabrication de composants de sécurité moulés en aluminium pour l'automobile. Cotée en bourse depuis 1999, cette société s’est largement internationalisée au cours des dernières années, comptant 3000 salariés dans 6 pays différents ( France, Hongrie, Italie, Serbie, Chine et Mexique). Jusqu’à peu, sa santé était florissante, son chiffre d’affaires progressait de 5,6% en 2004 et son résultat net de près de… 27%. Pourtant, dans le même temps, la société-mère de Vérac a vu fondre ses effectifs de 750 en 2004 à 250 à la fin 2006, c’est-à-dire à l’issue d’un énième plan social. Voilà là encore un bel exemple d’effets combinés d’une gouvernance industrielle semblant répondre uniquement à la logique des marchés boursiers, qui plus est sur un terreau de querelles familiales, sans véritable projet industriel affirmé pour sauver cette partie importante du patrimoine économique girondin.

Comble d’infortune pour les salariés, le démantèlement de ce fleuron de l’industrie locale paraît se dérouler sans coup férir, dans l’indifférence sereine des pouvoirs publics. Seuls le Conseil Général de la Gironde, le Conseil Régional d’Aquitaine et la Communauté de Communes du Fronsadais ont tenté des initiatives d’approche auprès de la direction afin de mieux comprendre les perspectives stratégiques et économiques de cette holding internationale afin d’évaluer les démarches de sauvegardes et de revitalisation à mettre en œuvre pour sauver ce site industriel. Démarches aujourd’hui infructueuses car restées lettres-mortes…

Devant cette atonie, j’ai donc reçu à nouveau une délégation syndicale des fonderies cette semaine, en présence de Michel Frouin, Conseiller Général du canton de Fronsac. Il faut l’avouer, les élus locaux que nous sommes sont bien désarmés face à l’opacité qui semble entourer les intentions du groupe du Bélier dont certains craignent qu’elles soient plus guidées par une politique du profit des actionnaires à court terme que par la structuration d’un réel plan à long terme. Et les premières victimes de ce manque de visibilité sont en général toujours les salariés, qui ont le choix cynique entre le licenciement ou la précarisation.

 

Nous avons sollicité en urgence une rencontre auprès de Mr le Préfet, qui pourrait réunir autour d’une même table les services de l’Etat et les autres partenaires institutionnels, tout en ayant conscience que nos possibilités d’interventions respectives sont, en l’état de la législation, extrêmement restreintes, si ce n’est veiller a minima au respect de la légalité des procédures en cours.

Mais, dépassant le cas spécifique de la Fonderie du bélier, l’enjeu est aussi de mettre une nouvelle fois en exergue cette profonde injustice qui consiste à assister démuni à une différence de traitement abyssale entre des actionnaires susceptibles d’engranger des dividendes substantiels et des salariés qui paient au prix fort l’addition de ces distributions, espérant, au mieux, conserver leur emploi dans des conditions toujours plus précaires. C’est aujourd’hui une question de fond qui se pose. On ne pourra pas indéfiniment discuter d’augmentations homéopathiques du SMIC lorsque, dans le même temps,  il n’y a absolument aucune contrainte et très peu de transparence sur la rémunération des dirigeants de certaines sociétés.

Par Philippe Buisson - Publié dans : Economie
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Dimanche 28 mai 2006 7 28 /05 /Mai /2006 18:10

Par les temps qui courent, c’est une info presque événementielle qui a manquée d’être évoquée: le parlement a fait valoir son pouvoir d’autonomie face au gouvernement ! Oui, oui.. La semaine dernière, les députés ont adopté, à l’unanimité mais contre l’avis du gouvernement, un amendement déposé par le socialiste de Dordogne, Germinal Peiro, visant à créer un crédit d’impôt pour la récupération des eaux pluviales. Certes, la mesure peut paraître symbolique, voire anecdotique. Pourtant, elle évoque un sujet éminemment important, celui de la gestion de l’eau, un des enjeux considérables pour l’humanité, et nous sommes en partie l’humanité.  C’est d’ailleurs dans cet esprit citoyen que, depuis 2004, à Libourne, la municipalité encourage la récupération des eaux de pluies en subventionnant les particuliers qui font l’acquisition d’une cuve de récupération. Cet amendement viendra donc amplifier la démarche initiée ici par une centaine de Libournais qui ont d’ores et déjà mis en œuvre ce dispositif à leur domicile ( il s’agit de récupérer l’eau des gouttières dans une cuve et de réutiliser cette eau pour l’arrosage par exemple). Bien sûr, la route est encore longue pour une prise de conscience généralisée face à une réelle menace de pénurie, quoi que la sécheresse de ces dernières années fait œuvre de pédagogie accélérée. La route est longue lorsqu’on se navre que même pour la Ministre de l’Ecologie, la très charismatique Nelly Olin,  l’enjeu ne semble pas très affirmé puisqu’elle a été la seule, dans l’hémicycle de l’Assemblée, à s’opposer à cet amendement qui ne devrait pourtant pas chambouler gravement les finances de l’Etat. Bon, il faut bien avouer qu’ avec ce gouvernement nous ne sommes plus à une ineptie près ; je pense que le temps viendra où il fera l’objet d’études approfondies de la part de chercheurs qualifiés en analyses politiques anti-conformistes pour déterminer la quintessence de son œuvre et la subtilité de ses positions qui sont aujourd’hui incompréhensibles pour le vulgus pecus... mais qui sait…

Plus sérieusement, il est pourtant urgentissime d’adopter une politique courageuse et mondialisée de la gestion de l’eau, sur sa raréfaction, sa pollution ainsi que sur les modes de gestion de ce service public. J’ai collaboré, il y a quelques années, auprès de Danielle Mitterrand, co-fondatrice de l’Association pour un Contrat Mondial de l’Eau ( A.C.M.E), qui plaide notamment pour faire reconnaître l’eau comme « bien commun de l’humanité » et faire inscrire dans le droit international l’accès à l’eau potable pour chaque individu. Considérant que c’est un besoin vital qui nécessite une répartition plus équitable, Danielle va même plus loin en défendant l’objectif que chacun puisse bénéficier d’une certaine quantité d’eau potable gratuite par jour, environ 40 litres par jour et par individu. A l’occasion du sommet international sur l’eau en 2004 à Genève, elle m’avait sollicité pour réaliser une étude sur la faisabilité de mise en œuvre d’une telle mesure sur une ville comme Libourne. Ces travaux révélaient quelques freins techniques ou législatifs mais montraient la possibilité, à terme, d’atteindre cet objectif au moins au sein des collectivités qui souhaitaient s’y engager. Car, au-delà des mesures de préservation de la ressource, la gestion de l’eau et les modalités de sa mise à disposition auprès de nos concitoyens posent aujourd’hui de plus en plus de questions évidentes. Alors que son accès est de la responsabilité des collectivités locales depuis la Révolution Française, ce bien vital, essentiel et indispensable à la vie tout simplement, est géré par le privé dans 60% des communes française et dessert 80% des usagers . Cet état de fait doit être remis en cause, à Libourne y compris, même si dans notre commune nous bénéficions du prix de l’eau le moins cher de Gironde. Le mode de gestion de ce service public parmi les plus précieux fera incontestablement l’objet de débats lors des prochaines échéances électorales, municipales notamment. A Libourne où la délégation de service publique s’achève prochainement, l’éventuelle re-municipalisation de l’eau sera l’un des sujets phares au cœur de la campagne.

Préserver un bien vital et organiser sa répartition équitablement dans une commune ( ou une communauté de commune), voilà un beau sujet  auquel les candidats devront forcément répondre avec l’ambition de la responsabilité. Beau sujet de clivage politique probablement… Pendant ce temps, à Libourne, on récupère un peu plus qu’ailleurs les eaux de pluies…

Par Philippe Buisson - Publié dans : Economie
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téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

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