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  • 38 ans
  • Conseiller Régional d'Aquitaine délégué aux dessertes Ter Aquitaine
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Lundi 1 mai 2006

C’est à nouveau l’heure du mercato au sein du Parti Socialiste. Les écuries présidentielles se structurent sur fond de transferts plus ou moins négociés préalablement.

Il faut dire que depuis plusieurs mois les médias campent dans les instituts de sondages non pas pour apprécier les éventuels programmes des partis politiques mais pour désigner celui qui devrait faire l’objet de la désignation par les militants en novembre prochain. Ce seront naturellement ces mêmes médias, et souvent les mêmes journalistes, qui feront demain le procès moralisateur des politiques et de leurs absences d’idées… Pourtant, depuis plusieurs semaines, le PS organise chaque week-end de grandes rencontres décentralisées de concertation ; Ces « Etats Généraux » thématiques – le prochain est organisé ce samedi 6 mai au Palais des Congrès de Bordeaux sur les thème « croissance, emploi, démocratie sociale » - sont pourtant sensés affiner nos propositions présidentielles sur les sujets majeurs de notre société et je regrette, au passage, qu’ils ne fassent l’objet d’un traitement médiatique significatif, au moins identique à celui réservé aux spéculations conjoncturelles sur cette question fondamentale «  mais qui sera donc le candidat socialiste ?».

Cela étant dit, Ségolène Royal a le vent en poupe et cela semble suffire à rasséréner la gauche sur ses espoirs de gagner en 2007. J’avoue moi-même vouloir croire en ce présage et j’assume donc sans gêne la « faiblesse » de ne pas être agacé par la côte de popularité de Ségolène. Cela ne m’est d’ailleurs pas difficile puisque je n’ai absolument aucun état d’âme, aucune amertume, vis à vis d’elle, et, si j’en avais, il serait un peu grotesque que cette petite aversion s’assoie uniquement sur le constat jalousé qu’elle personnalise aujourd’hui l’espérance populaire de l’alternance à gauche.

Cependant, tout en affichant cet état d’esprit en rien anti-Ségolène, je demeure fidèle à Laurent Fabius et à sa candidature avec une vraie conviction. En cela, je ne m’inscris pas en adversaire vis à vis des autres candidats socialistes annoncés ou sous le boisseau  mais je veux résolument porter le choix de la désignation sur le terrain des idées politiques et ne pas me satisfaire de la « peopolisation » de la gentry politique. Ce débat interne doit être assumé sans turpitude, sans coups bas, sans lâcheté. Il doit avoir lieu le plus rapidement possible, dès la fin de nos Etats Généraux, c’est à dire courant juin.

Car, dans cette période de fin de mandat et, bien probablement, de fin de 5ème République, le calendrier politique me paraît bien instable. Après l’épisode du C.P.E, les barbouzeries de l’affaire Clairstream sont un coup de boutoir quasiment fatal porté dans les reins du trium vira au pouvoir Chirac-Villepin-Sarkozy. Mai 2008 est encore loin et Jacques Chirac aura bien du mal à résister sans prendre d’initiative. Un relent gaulliste pourrait le faire démissionner surtout si cette accélération du calendrier présidentiel était susceptible de nuire à la candidature de son ministre de l’Intérieur. Dans cette hypothèse qui, si elle n’est pour l’instant pas privilégiée, n’est cependant pas à exclure, le PS doit pouvoir répondre par une préparation accélérée et des rangs resserrés à l’automne. Pour cela, l’heure n’est plus aux postures mais aux échanges d’idées et de propositions. Bronzer ce printemps au pinacle des sondages ne suffira pas à gagner l’élection dans un an et on est en droit d’attendre de la part de Ségolène Royal autre chose que des séances photos pour des Unes esthétiques mais relativement superficielles. Mais, de la part de ses concurrents, s’ingénier à ternir la personnalité de celle que l’on jalouse, sans non plus parler du fond, ne peut qu’engendrer l’effet exactement inverse à celui recherché tant les Français en ont marre d’une classe politique plus prompte à gérer ses prébendes qu’à porter de véritables ambitions pour la nation. A choisir, ils sanctionneront les « anciens » sans autre forme de procès. 

Ainsi, plus le mouvement « tout sauf Ségo » va s’organiser sur les thématiques perfides « elle manque d’expérience » ou « elle n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle », plus elle héritera sans rien faire d’un courant de sympathie profond auprès des électeurs, en ratissant large et profond.  Il est d’ailleurs à noter que, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, les positions des uns ou des autres au référendum européen ne structure  pas tant que cela la classe politique aujourd’hui. En effet, les premiers ralliements « ségolénistes » notables en Aquitaine sont à mettre à l’actif de cadre du NPS ou d’ Emmanuellistes pourtant farouchement défenseur du NON il y a un an.

Dans ce concert, Laurent Fabius doit poursuivre son œuvre de propositions. Cette semaine par exemple, il a présenté une partie de la politique qu’il souhaiterait voir mise en œuvre en matière d’immigration, sujet dont on dit qu’il sera central lors des présidentielles. Pas de chance, peu de micros et de caméras pour l’entendre. Les journalistes étaient surtout présents à Bruxelles pour immortaliser la rencontre entre Ségolène Royal et le Président de la Commission Barroso. Il ne s’est pourtant rien dit ( sauf sur la gestion des fonds européens, sujet sérieux et essentiel notamment pour les Régions mais bon…), mais il y avait de l’image. Pour le son, ça devrait venir…

 

 

 

 

 

 

 

 

par Philippe Buisson publié dans : Politique
Lundi 24 avril 2006

Lors de la mise en ligne de ce blog, au début de cette année, je souhaitais contribuer à l'animation du débat local en livrant, ici, mes commentaires et analyses à partir des faits marquants ayant ponctués ma semaine. Ainsi, sauf par l’éclairage d’un événement spécifique libournais,  je voulais notamment éviter la dérive d'une écriture exégète de l'actualité nationale dans un style probablement plus ampoulé que nombre d'articles de  presse livrés avec la prose et l'éloquence de l'éditorialiste professionnel. Je ne sais si j’y arrive mais j’essaie de me tenir à cette ligne de conduite : « ne pas réécrire en moins bien ce que l’on peut de toute façon lire par ailleurs ». Or, cette semaine, j'étais en vacances et je considère d'un intérêt somme toute très limité de  transformer ce billet en une sorte de journal de voyage.  Fidèle au concept exprimé ci-dessus, ce texte sera donc plus court qu'à l'accoutumée, dans l'attente de celui de la semaine prochaine... c’est promis.

Cependant, même (très) éloigné de Libourne, je me suis régulièrement tenu informé d'au moins deux sujets qui me turlupinent, l'un plus futile que l'autre, je vous le concède:

Le futile : Les résultats du FC Libourne/St Seurin, bien sûr, dont je suis un supporter exalté, peut être même un peu trop selon quelques témoignages à froid de mes congénères de tribunes. Je crois emmagasiner autant de stress un soir de match qu'au court d'une soirée électorale; c'est tout dire car c’est beaucoup !... La D2 est certes une rive à portée de shoot de la bande à Castant mais le tableau se resserre en haut du classement, nous avons perdu cinq points en trois matchs sur le 4ème ( c'est à dire sur le premier à ne pas monter) suite à deux matchs nuls – qui n’ont rien de déméritant au demeurant- ;  il faut donc remettre en marche la spirale de la victoire dès samedi prochain contre Toulon pour goûter aux joies d'une fin de championnat délivrée de tout enjeu autre que celui du plaisir de jouer et de communier avec un public enfin plus nombreux.

L’autre dossier beaucoup plus inquiétant  à avoir sérieusement bousculé la sérénité de ma semaine fut celui du Pays du Libournais et des fortes turbulences budgétaires et morales qu’il est en train de traverser. Un rappel préalable s’impose, n’en déplaise à certain : ce syndicat mixte est une oeuvre collective dépourvue, en principe, d'enjeu de pouvoir et de stratégie partisane - c'est d'ailleurs probablement sa faiblesse car une administration publique n’est bien orchestrée que lorsqu'une minorité contrôle l'exercice du pouvoir d’une majorité-.  Ainsi votés à l'unanimité par l'ensemble de ses membres, issus de tous les rangs de la  classe politique de droite comme de gauche, les budgets successifs du Pays n'ont, à ma connaissance, jamais fait l'objet de réserves de qui que ce soit. Au contraire, chacun se félicitait du consensus mou qui entourait ces débats.   Aujourd'hui, il faut faire face à l'étendue des dégâts d’une dérive budgétaire révélée voici quelques jours. Il faut naturellement l’ évaluer précisément ce est  le cas par le biais d'un audit en cours ; il faut qualifier les éventuelles fautes en identifiant si possible les responsabilités pour, le cas échéant, se donner la possibilité d'ester en justice; il faut enfin sans attendre engager un plan drastique d'apurement de la dette en imposant une réduction importante de la voilure des activités du Pays ce qui aura pour conséquences inéluctables une réduction significative du nombre de salariés. Tout cela semble aujourd’hui mis en œuvre avec célérité et dans une volonté de totale transparence, auprès des élus comme des contribuables, et, sur ce point, je sais gré au Président Serge Morin de faire preuve de courage et de  responsabilité dans des circonstances délicates.

 

Mais une question reste en suspens : solidaires dans la construction de ce Pays, les élus sauront-ils le rester dans cette période plus houleuse ? Je n’en sais rien. Certains sont tentés d’assumer une crise politique et, après tout, peut-être est-elle légitime. Ce dont je me souviens, c’est d’avoir assister à la toute première rencontre entre Gérard César et Gilbert Mitterrand en 1999, l’un et l’autre parlementaires à l’époque. Et, s’il est exact que leur volonté commune a permis la mise en œuvre de cette structure, cette démarche s’est engagée avec un desiderata partagé, celui de ne pas construire une immense usine à gaz mais, au contraire, de bâtir un outil modeste capable de réfléchir sur l’identité du territoire Libournais et éventuellement de le représenter. Je crains qu’au fil du temps, cet outil ai très largement échappé à ses bâtisseurs et que, faute d’un contrôle politique précis et permanent, cette machine ne se soit emballé sous la gouverne d’un directeur fantasque.    Dans quelques jours, l’audit sera rendu public et nous saurons alors le prix de cette dérive. Au-delà de l’acceptation du principe d’une augmentation des cotisations, le règlement de cette impasse budgétaire( obligatoire car il n’existe pas de dispositif de dépôt de bilan pour les équipements publics) n’ira pas sans poser de lourdes difficultés aux communes et intercommunalités car celles-ci ont d’ores et déjà voté leur budget respectif sans prendre en compte cette surcharge. Il va donc falloir affiner  les modalités d’apurement de cette dette. Mais sur un plan plus politique, il faudra aussi probablement rapidement tirer quelques conclusions en commençant par redéfinir statutairement le champ d’intervention du Pays en le restreignant à quelques dossiers structurants tels que le Plan Local de l’Habitat, le Schéma de Cohérence Territorial ou le développement économique. Cependant, je ne suis pas de ceux qui appelle de ses vœux la liquidation de cet outil car, dans cette hypothèse, notre territoire pâtirait grandement d’un manque de coordination lors de ses requêtes auprès des collectivités locales ( Département et Région) ou auprès de l’Etat. J’en veux pour preuve, par exemple, que le Gouvernement vient de faire savoir que les futurs Contrats de Plan ( appelés désormais contrats de projets), c’est-à-dire l’engagement pluriannuel de l’Etat auprès des collectivités locales sur nombre de politiques et de projets importants, seront négociés en association avec les Pays. Il va donc falloir beaucoup de sang-froid, d’habileté et de sens de l’intérêt général aux élus libournais  pour reconstruire sereinement cette structure ; je poursuivrais en ce qui me concerne une collaboration constructive en tant que représentant du Conseil Régional auprès de ce Pays qui n’est ni de Droite ni de Gauche puisqu’il est le Libournais. Mais je crains aussi que ce ne soit là que le début d’un long feuilleton aux arcanes tumultueuses….  

par Philippe Buisson publié dans : Philippe Buisson

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