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  • 38 ans
  • Conseiller Régional d'Aquitaine délégué aux dessertes Ter Aquitaine
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Dimanche 11 novembre 2007

La question européenne agite à nouveau le landernau socialiste. Force est de constater que le piège tendu par Nicolas Sarkozy, promoteur en chef du traité de Lisbonne, a remarquablement fonctionné en faisant d’abord ressurgir les divisions internes au sein du PS puis en distillant un contre-feu médiatique bienvenu face à la grogne sociale qui s’amplifie en France.


Pourtant la position du PS est au moins claire sur un point : Nous défendons l’organisation d’un nouveau référendum au nom d’une certaine conception de la démocratie et du respect de la souveraineté populaire qui s’est exprimée en 2005. La voie référendaire a aussi le mérite de considérer l’enjeu européen comme une ambition qui s’adosse aux peuples plutôt qu’une contrainte qui les méprise.
Lorsque le Président de la République actuel dit vouloir choisir la voie parlementaire pour ratifier ce texte, bien que fidèle à ses engagements de campagne, il grippe le début d'intéressement des français à l'égard de ce noble challenge européen et il affirme surtout sa défiance à l'égard de la souveraineté populaire. La démocratie n’est pas négociable. Elle ne peut souffrir d’une mise à l’écart, d’un manque d’appropriation par les peuples européens de la construction européenne.

Pour autant, si je suis donc favorable à l’organisation d’une nouvelle consultation citoyenne, moi qui avait milité pour un Non constructif lors du référendum sur le projet de constitution, je suis aujourd’hui favorable à l’adoption de ce traité.
D’abord ce texte n’a plus de valeur constitutionnelle. Il amende simplement les traités existants, ne s’y substituant pas. En outre, la 3ème partie tant décriée en 2005, celle qui figeait dans le marbre constitutionnel européen les politiques les plus libérales de notre continent, a été retirée du texte de Lisbonne.Ainsi la notion de concurrence libre et non-faussée ne figure plus parmi les objectifs européens.
Enfin il m’apparaît important de retenir les quelques avancées de nature à faciliter le fonctionnement actuel de l’Union, fonctionnement aujourd’hui obsolète puisque initié pour faire avancer une Europe à 6 et absolument inadapté pour l'Europe actuelle qui compte pas moins de 27 pays.
Je veux retenir notamment :

  • - l’élection d’un Président du Conseil Européen pour 2 ans et demi, mettant fin à une présidence-girouette d'un mandat de 6 mois.

  • - Un Parlement Européen aux compétences élargies et une commission plus contrôlée.

  • - Un nouveau mécanisme de vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil des Ministres

  • - La nomination d'un haut représentant pour les affaires étrangères européennes

  • - L'inscription dans le préambule de certaines nouvelles valeurs-forces comme l'égalité homme-femme, la solidarité, les non-discriminations.


Alors bien entendu ce texte reste imparfait; il n'a d'abord de « simplifié » que le nom.
Ce n'est pas non plus, il faut l'affirmer, le traîté que nous aurions négocié. Il est notamment sans ambition en ce qui concerne l'émergence d'une Europe sociale, il ne fixe pas d'objectifs visant à l'harmonisation fiscale entre les pays, à la protection sociale ou aux droits des travailleurs; il ne répond pas non plus aux risques grandissants liés aux délocalisations vers les pays low-cost.
En cela, c'est une copie inachevée qui ne prend pas en considération les grands reproches que nous faisions au précédent traîté constitutionnel.

Sauf que ce nouveau texte ne fige rien!

Donc à la nouvelle question, suis-je favorable au dégel du fonctionnement des institutions européennes, je réponds par l'affirmative. Mais je le redis, la confiance des français envers l'Europe suppose que notre peuple soit à nouveau consulté afin d'éviter toute ambiguïté ou suspicion. J'attends de Nicolas Sarkozy qu'il ne brade pas notre citoyenneté européenne par confort ou par économies d'explications.


par Philippe Buisson publié dans : Politique
Jeudi 18 octobre 2007
Pour signer la pétition :    www.touchepasamonadn.com

 

Charlie Hebdo et SOS Racisme lancent la pétition contre les tests ADN.

En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d'un regroupement familial, l'amendement Mariani, adopté par l'Assemblée Nationale et rejeté par le Sénat, fait entrer la génétique dans l'ère d'une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.

Tout d'abord, des problèmes d'ordre éthique. En effet, l'utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d'emblée cette question : depuis quand la génétique va t'elle décider de qui a le droit ou non de s'établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu'ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s'inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s'accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d'enfants annuellement concernés et au regard de l'absence de raison substantielle qu'il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu'ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l'amendement instaurant les tests ADN n'a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C'est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration.

par Philippe Buisson publié dans : Politique

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