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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /Fév /2006 00:00

De 1992 à 1994, j’ai passé de nombreux mois en ex-Yougoslavie dans le cadre de missions humanitaires. Je me souviens du premier de ces voyages : il s’agissait de convoyer des camions de denrées alimentaires vers des camps de réfugiés, au Nord-Est de Sarajevo, à Travnik plus précisément, en Bosnie-Herzégovine. C’était au début des actions de guérilla tous azimuts entre serbes orthodoxes et bosniaques musulmans. C’est à cette occasion que j’ai tutoyé l’horreur et l’abject des conséquences de la politique d’épuration ethnique ordonnée notamment par l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic. Sans jouer à l’ancien combattant que je ne suis pas, j’ai souvent en mémoire ces souffrances indicibles dont j’ai été le témoin.  Au cours de cette première mission, incontestablement la plus périlleuse, nous sommes restés bloqués durant une dizaine de jours à cause de violents combats, dans la poche de Mostar. Réfugiés dans un hôpital de fortune, au milieu de centaines et de centaines d’autres réfugiés bosniaques, nous avons côtoyés ces femmes systématiquement violées puis séparées de leur mari dont on devinait le sort. Je ne suis pas un expert en tactiques guerrières, loin s’en faut. Mais la guerre a ses conventions, ses règles, même les plus primaires. Là, non ! Nous étions face à un génocide organisé bien qu’il n’en avait pas encore le nom, nous en étions les témoins directs et impuissants – même les casques bleus observaient sans capacité d’intervention. Alors, cette semaine, la possible arrestation de Ratko Mladic a réveillé ces souvenirs et un espoir, celui de pouvoir affirmer qu’il ne peut y avoir, dans ce monde, de sanctuaire pour les criminels, à commencer par ceux accusés de crime contre l’humanité. Aucune excuse, aucune circonstance diplomatique ne doit faire obstacle à la comparution de ces individus devant la juridiction du Tribunal Pénal International, mis en place à cet effet. Cet outil est aujourd’hui l’une des rares lueurs d’espoir de voir le monde se doter de quelques balises acceptées et partagées communément. En outre, le T.P.I pour l’ex-Yougoslavie est dirigé par une femme d’exception – encore une, est-ce l’air du temps… ? -, Mme Carla Del Ponte, qui n’hésite pas à se délester de considérations diplomatiques qui ne sont d’ailleurs pas les siennes pour mettre l’actuel gouvernement Serbe et la communauté européenne face à leurs responsabilités devant l’Histoire en s’engageant fermement dans l’arrestation de ces supposés criminels de guerre, préalable incontournable aux négociations visant à une éventuelle intégration de la Serbie dans l’Union Européenne. C’est quand même la moindre des conditions !

Autre temps, même horreur. Cette semaine aussi, plus près de nous, la torture et les frontières de l’abominable. Ici, en France, au cœur d’une ville de notre République, Ilhan a été enlevé, torturé et mis à mort dans le silence par une bande barbare. Pourquoi ? Assurément pour de l’argent, et peut-être parce qu’il était juif. Si tel est bien le cas, et même si ce n’est que partiellement le cas, la justice doit faire son œuvre, vite, sans amalgame, avec sérénité mais avec la diligence que requiert cette effroyable affaire. Au-delà de l’éventuelle circonstance aggravante d’antisémitisme aujourd’hui retenue comme hypothèse par le Procureur, Ilhan est le martyre d’une dérive nourrie d’ultra violence et de xénophobie qui semble encore s’accélérer. Que les souffleurs de braises retiennent leur souffle, je pense en particulier à nos responsables politiques, de droite comme de gauche – j’exclus bien sûr G. Frêche de la catégorie des « responsables », le soupçonnant d’être fatigué du méninge depuis fort longtemps...- La civilisation mondiale est à la croisée de chemins et la France ne fait pas exception. Le rôle de l’Etat est de travailler sans relâche à l’agencement d’un ciment national unissant chaque citoyen de notre territoire. Aujourd’hui, ce ciment se fissure dangereusement un peu plus chaque jour.  Le rôle d’un homme d’Etat est de porter cet espoir, avec détermination, avec une force tranquille, et non à coup d’effets de manches médiatiques et de muscles sur-gonflés.

Il a fallu moins de 10 années à la Yougoslavie pour imploser. Jusque dans les années 80, le ciment de ce pays s’appelait Tito. Naturellement la France ne peut être comparée aux Balkans, les fondements de notre nation ont subi moins de turbulences, mais l’importance des hommes qui la dirigent  n’en reste pas moins fondamentale. Il me semble que c’est dans cet état d’esprit que nous devons aborder la campagne présidentielle qui va s’ouvrir.  L’enjeu est probablement moins d’élire un Président capable de baisser la TVA sur la restauration que de s’assurer qu’il saura, par gros temps, tenir le cap et l’unité d’une Nation.

Par Philippe Buisson - Publié dans : Politique
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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /Fév /2006 00:00

Les vertus de la crise viticole sont bien rares, notamment en Gironde.

Pourtant, il m’arrive d’observer quelques bienfaits collatéraux à cette crise. En premier lieu, un aspect positif me parraît être que nos viticulteurs retrouvent certaines valeurs égarées lors des années fastes de spéculations irraisonnées, celles de l’humilité de l’agriculteur, celles de la valeur d’une vinification bien maîtrisée, celles de l’argent gagné laborieusement au-delà des prébendes héritées.

Mais, outre cette appréciation très personnelle, cette crise est  aussi le catalyseur de solidarités peu naturelles, où l’appartenance à une entité ou à un territoire prend plus de sens et de relief.

Pour bien le comprendre, il me faut faire un rapide rappel de « géopolitique » locale :

Le vignoble de Saint-Emilion est l’un des plus prestigieux du monde. Contrairement à une idée répandue, l’appellation dépasse de très loin les frontières de la commune éponyme . En effet, 9 communes se partagent cette appellation ; 8 d’entres-elles forment la « Juridiction de St-Emilion » qui s’enorgueillie fort justement d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999, 1er vignoble au monde à bénéficier de ce prestige.

Exclue de cette reconnaissance,  Libourne et ses 450 ha en appellation St-Emilion ( il y a aussi 200 ha de « Pomerol » et 100 ha de « Bordeaux Supérieur » sur le territoire communal), ce vignoble semble victime d’un jugement de mépris « pour bâtardise »  par le reste de ses pairs. A décharge, il me faut préciser que ces vignobles situés sur la commune de Libourne bénéficiaient jusqu’en 1989 de l’appellation peu renommée « les sables Saint-Emilion » à cause d’un terrain de sable et de grave issu de la plaine de la Dordogne, sol peu semblable à la typicité  des coteaux calcaires du St-Emilionnais.

Et ainsi prospérait jusqu’alors le Libournais ; dans une indifférence volontaire, le milieu viticole ignorait Libourne et Libourne s’en accommodait. Pourtant, aucun des deux n’aurait pu s’affranchir de l’autre. La ville apportait ses commerces, ses services, ses logements et  sa main d’œuvre aux viticulteurs qui eux-mêmes contribuaient largement à la prospérité de Libourne. Une symbiose économique minimale adossée à une très faible complicité politique –euphémisme poli- entre Gilbert Mitterrand et les édiles saint-émilionnais.

Oui mais voilà. La crise viticole actuelle semble avoir l’indélicatesse de s’attaquer à ce bastion viticole protégé et imperturbable depuis … 800 ans.

Après quelques atermoiements de façade, le réveil est brutal et la bataille économique s’annonce rude, longue et incertaine. Et c’est ainsi, qu’avec une fébrilité non feinte, une méfiance assumée de part et d’autre, un dialogue constructif s’est noué récemment entre élus de St Emilion, Gilbert Mitterrand et moi-même. Pas pour une discussion de salon - celles-ci ne se sont jamais interrompues - mais pour envisager une collaboration… en vue de la 1ère fête du Saint-Emilion annoncée pour le mois de juin prochain. Celui qui n’est pas d’ici ne pourra pas jauger à sa juste valeur le frémissement de cette évolution.

Pourtant, en dépassant nos crispations et nos suspicions mutuelles, en créant des synergies de moyens, nous pourrions concevoir les conditions d’un nouveau souffle pour l’économie locale, en matière touristique notamment. St-Emilion reçoit 1 million de visiteurs par an, sans savoir où les loger. Or son office de tourisme ne peut légalement pas, à ce jour, commercialiser l’hôtellerie située à Libourne, ville qui elle-même possède son propre office… mais n’attire pas les touristes. Nous n’avons plus les moyens d’assumer ces  aberrations. Ce duel fratricide trouve ses fondements dans les arcanes d’une époque largement révolue. Il faut se priver de ce luxe sans attendre. N’en déplaise à ceux qui s’arc-boutent sur cet archaïsme pour servir parfois quelques faims politiciennes pas tout à fait encore d’actualité…

 

 

 

 

Par Philippe Buisson - Publié dans : Economie
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téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

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