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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Lundi 23 janvier 2006 1 23 /01 /Jan /2006 00:00

La pibale dans les estuaires girondins, la civelle dans celui de la Loire, est le nom donné à l’alevin d’anguille qui, de la mer des Sargasses aux Caraïbes où il naît, remonte les estuaires des fleuves côtiers européens, porté par le courant maritime du Gulf Stream. Lors de sa remontée des cours d’eau, la pibale est pêchée, notamment dans le Libournais, entre novembre et avril.  Car la civelle est un mets traditionnel et renommé du début d’année. Je la cuisine à l’espagnole, c’est-à-dire revenue dans de l’huile d’olive accompagnée d’ail et de piment et servie dans une cassolette en terre ; c’est ainsi qu’ elle figure en bonne place dans la liste des  excentricités gastronomiques  aquitano-basquaises.

Véritable or blanc pour la centaine de pêcheurs professionnels que compte le port de Libourne, la pibale a longtemps été une manne exceptionnelle, son prix de vente évoluant régulièrement entre 500 et 700 € le kilo ( les pays asiatiques achètent la plupart de la pêche pour élever les alevins en anguilles dont ils sont gros consommateurs).

Autant dire aujourd’hui que la raréfaction de ces alevins est à la fois une mauvaise nouvelle pour l’écologie mais aussi ce pan de l’économie traditionnelle du Libournais qui fait vivre quelques familles. Pour tenter d’endiguer ce phénomène, la commission européenne a récemment proposé la fermeture de la pêche à l’anguille, sous toutes ses formes, du 1er au 15 de chaque mois. Trop facilement montrés du doigt comme seuls responsables, les pêcheurs professionnels se sont insurgés contre cette mesure, obtenant un recul du commissaire européen en charge de la pêche ( un dénommé Joe Borg), qui s’apprête à revoir ses propositions. Ces dernières sont d’ailleurs programmées pour faire l’objet d’un débat lors du prochain conseil des ministres européens de la pêche en mai 2006.

Car, si chacun mesure qu’il faut gérer la ressource pour assurer la pérennité de l’espèce en passant, pour cela, par un plan de gestion contraignant et donc une diminution des prélèvements, il faut aussi intervenir conjointement, et de manière aussi vigoureuse, sur les causes qui perturbent l’habitat des poissons et gênent les flux migratoires.

Je pense en particulier à l’aménagement des cours d’eau comme les barrages, à l’assèchement de certains marais, à la pollution émanant des pesticides et des nitrates..

Et, au moment où le concept de « développement durable » se plaide sur toute les tribunes, je propose que nous fassions de cette « crise des pibales » un cas d’école.

Oui, il faut renforcer notre vigilance à l’égard d’ un écosystème très délicat et prendre les mesures qui s’imposent.

Non, l’Europe ne doit pas désigner sans cesse comme bouc-émissaires toujours ceux qui sont les plus vulnérables ( ici, la petite entreprise de pêche artisanale) après une instruction commode et technocratique d’un problème qu’elle n’a pas pris le temps d’appréhender sous tout ses aspects.

Il faut, dans ce dossier, qu’elle assume son autorité auprès de tous les acteurs halieutiques et qu’elle oblige, par exemple EDF, à financer la protection des zones de frayères ou la construction d’échelles à poissons à chaque barrage.

Faute de cette mobilisation, la pibale rejoindra vite l’ortolan au panthéon des traditions gastronomiques d’ Aquitaine - menu des rois et des princes en leur temps, mais oiseau protégé depuis 1999 et donc interdit de capture, même s’il se murmure que des individus voilés d’une serviette s’en repaissent encore de nos jours...-  Ou alors, se rabattre sur ce qui fait fureur en Espagne : la fausse pibale, c’est à dire du surimi en forme d’alevin d’anguille. Non merci, franchement. On attendra les lamproies.

 

 

 

 

 

 

Par Philippe Buisson - Publié dans : Economie
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Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /Jan /2006 00:00

La glorieuse incertitude du sport, celle qui se goûte sans modération, jusqu’à l’ultime instant du match, voilà ce qui fait vibrer des millions de spectateurs chaque week-end dans les tribunes sportives. Je suis l’un d’entres-eux, fidèle supporter du Football Club de Libourne-Saint-Seurin dont l’équipe fanion évolue dans le championnat «  National » - c’est-à-dire la 3ème division- et qui est devenue, au regard de ses résultats du début de championnat, un prétendant sérieux à la montée en Ligue 2.

Belle affaire pour Libourne ? Oui, sans hésiter, sur un plan sportif comme pour l’animation et l’image de la Ville ! Par contre, la médaille a son revers et la rigueur bureaucratique des négociations avec les patrons du football professionnel français prend vite le pas sur l’enthousiasme sportif. Car la montée en Ligue 2 est également conditionnée à une mise aux normes du stade, normes draconiennes et coûteuses, imposées par la Ligue Nationale de Football, et supportées en majeure partie par le seul budget municipal. Mercredi dernier, Ville de Libourne et Club étions donc convoqués à Paris, devant la commission des stades, pour entendre les directives qui s’imposeront à nous dans l’hypothèse de cette montée. Reçus avec courtoisie, mais sans sollicitude puisque c’est à prendre… ou à laisser sans autre forme de procès.

Il ne m’appartient naturellement pas de contester le bien fondé de ces règlements lorsqu’il s’agit de la sécurité des joueurs, des arbitres et des spectateurs ; de la même manière, ils peuvent se justifier lorsqu’ils concernent les conditions d’accueil des médias et d’éventuelles retransmission télévisées ( puisque ces mêmes télés payent aux clubs des droits de retransmission considérables). Mais ces normes semblent absolument édictées en dehors de toute réalité lorsqu’elles abordent la capacité d’accueil d’un stade en nombre de spectateurs. En effet, pour pouvoir monter en Ligue 2, le stade de Libourne devra pouvoir accueillir un minimum de 8000 spectateurs assis. Pour ce faire, 3000 places supplémentaires devront donc être aménagées pour un coût estimé à 400 000 €. Lorsqu’on sait qu’en moyenne les clubs de Ligue 2 évoluent rarement devant plus de 5000 personnes et lorsqu’on mesure à Libourne que rares sont les chambrées supérieures à 1500 spectateurs, ce « diktat » semble injustifié et disproportionné. Et il n’apparaît alors pas complètement normal que la Ligue de Football puisse conditionner l’homologation d’un stade à l’augmentation de sa capacité ! Cette instance n’a ni de légitimité politique ni probablement de légitimité légale à imposer de telles normes. Elle a pour raison d’être d’édicter des règles portant sur les aspects techniques des équipements, indissociables de la pratique de la discipline ( taille du terrain, vestiaires, contrôle anti-dopage, sécurités des joueurs, …). Mais imposer une capacité minimale, sans autre justification que le respect brut d’une norme comptable, outrepasse probablement les compétences de ces instances. Ni la beauté du sport, ni la sécurité ne sont en cause dans ces impératifs. Au contraire, le risque est grand de jouer devant des travées vides de supporters, ce qui n’apparaît franchement pas comme une plus-value télégénique ( voir les retransmissions de match à Monaco…). Lorsqu’on sait que la mise aux normes du stade de Libourne est aujourd’hui évaluée, peu ou prou, à un million d’euros, que ces dépenses constitueront un imprévu budgétaire pour les finances municipales ( le budget est voté en décembre, or nous saurons si le club monte uniquement en mai, et les travaux devront être finis en octobre…), les exigences péremptoires des instances nationales du foot ont malheureusement comme conséquence celle de fragiliser la capacité  de ville-moyennes telle que la nôtre d’accéder aux divisions d’élite du football français. A moins que le foot business ne soit un sport à part entière avec ses règles propres excluant de facto la piétaille rurale ( ou « rurbaine » ) de ses championnats. C’est quand même une incertitude nettement moins glorieuse que celle des terrains de sport, sans affect, sans émotion... 

 

 

 

 

Par Philippe Buisson - Publié dans : Politique
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Ça me démange...


téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

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