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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 22:26

Je ne reviendrai pas sur l'affligeant congrès de Reims, sur ses séquences, ses pseudo rebondissements, sur les mises en scènes insincères de la plus part de ses protagonistes.

Ségolène n'a jamais cherché a gagner ce congrès par l'intérieur du PS; elle a oeuvré pour  ne pas se poser en pôle de rassemblement. Rien dans son discours, dans ses démarches n'autorise en tout cas à le penser. Elle joue à fond la carte de la victimisation lui permettant de conforter sa stratégie forgée depuis sa défaite - notre défaire pour être honête- à l'élection présidentielle.
Elle mise notamment sur le fait que l'obtention du poste de 1er secrétaire en 2008 n'était probablement pas le meilleur tremplin pour s'affirmer candidate dans 4 ans ( les élections européennes et régionales à venir seront sûrement optiquement  peu favorables au PS et donc n'offriront pas un bilan positif à la direction socialiste en place).

Il revenait donc à Benoit Hamon, Martine Aubry et Bertrand Delanoë de chercher une majorité pour  rendre le PS simplement gouvernable puisque leurs motions respectives rassemblaient 70% des suffrages exprimés par les militants le 6 novembre dernier. Malheureusement, alors même que Bertrand ne faisait pas de sa propre candidature un postulat incontournable, cette alliance, pourtant programmatiquement fondée, n'a pas résistée au bal des faux culs et des ambitions individuelles.

Alors aujourd'hui, pourquoi voter et appeler à voter en faveur de Martine Aubry?

Pour une simple raison:  la survie du Parti Socialiste et la cohérence des idées qui nous rassemblent.

Car deux options s'offrent aux militants:

Élire Ségolène et engager le PS dans 3 années d'une cohabitation houleuse entre une 1ère secrétaire qui n'aura pas de majorité au sein du Conseil National ou du Bureau National. Chaque semaine, au sortir des réunion du PS, le congrès de Reims se reproduira devant les médias, donc devant les Français. Qui peut le souhaiter à part Nicolas Sarkozy? 

Élire Martine et dégager une majorité factuelle qui rende ce parti simplement gouvernable et lui garantisse de jouer son rôle d'opposition audible et de propositions d'alternance.  
Le leadership étant réglé, le rassemblement pourra s'effectuer et la cacophonie s'interrompre. Ségolène pourra d'ailleurs jouer sa partition personnelle- tantôt en accord avec la majorité, tantôt assumant sa minorité- sans pour autant menacer la gouvernance du parti.

Voilà, ce n'est pas très glorieux, mais en responsabilité je voterai en faveur de Martine Aubry et j'invite les militants à en faire de même en conscience. Je voterai pour Martine comme une mesure de sauvegarde pour ne pas faire des débats internes au PS un sitcom interminable et suicidaire.

En revanche, en Gironde, je veux saluer avec sincérité la prise de responsabilité courageuse de Gilles Savary qui a refuser de reproduire la confusion nationale à l'échelle départementale.
Au-delà de nos échéances internes, le vrai temps politique d'envergure reste la législative partielle qui se déroule dimanche prochain sur le Bassin d'Arcachon. François Deluga doit l'emporter. Il a besoin de notre énergie, de notre soutien sans réserve pour adresser à notre électorat un message de cohésion locale, pour rendre audible notre opposition frontale à la politique menée par Nicolas Sarkozy et son fidèle affidé Yves Foulon.
C'est en direction de ce combat politique que nous devons porter nos seuls efforts car c'est là notre seule raison d'être!


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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 20:04

Chère Ségolène,

Je te remercie pour ta lettre du 12 novembre. J’apprécie l’attention que tu portes aux attentes que j’ai exprimées au nom de nos camarades de la motion A.
Je souhaite donc te répondre à mon tour, en toute franchise, pour contribuer à un congrès utile aux Français.

Sur la cohérence entre les déclarations faites dans l’opposition et leur mise en œuvre effective une fois de retour au pouvoir, je suis sensible à l’articulation que tu établis entre capacité d’indignation et propositions crédibles, même si la « radicalité » que tu évoques a souvent, par le passé, conduit à des engagements difficiles à tenir dans les faits. Je crains d’ailleurs que l’exemple que tu cites, celui des interdictions de licenciements, n’illustre un tel écueil si nous n’y prenons garde.

Sur la social-démocratie, notre différence ne porte peut-être pas seulement sur les mots et j’en suis d’autant plus étonné que lors de ta campagne présidentielle tu te référais à juste titre au modèle scandinave. Aujourd’hui, dans ta lettre, tu qualifies la social- démocratie de « très insuffisante » après l’avoir tenue récemment pour « périmée », sans dessiner pour autant une alternative véritablement identifiée à ce stade. En effet, la social-démocratie prône, sauf erreur de ma part, l’intervention de la puissance publique dans l’économie de marché, ainsi que l’établissement d’un rapport de forces au nom de la justice sociale. Elle affirme le rôle de l’Etat, et pas seulement, dans une perspective redistributive, ce qui nous conduit à proposer, dans notre motion, le concept « d’Etat prévoyant ». La crise mondiale a d’ailleurs illustré la pertinence d’une telle vision, confrontant de fait, les socialistes à un défi décisif : rendre désormais cette démarche applicable à l’échelle européenne. Je ne vois d’ailleurs aucune autre méthode susceptible de donner une réponse de gauche à la récession actuelle. Dans ces conditions, plutôt que d’évoquer ce dessein au passé, je crois plus pertinent que jamais de renforcer le dialogue et le partenariat avec nos amis sociaux démocrates européens, au nom d’un nouveau modèle de développement.

Sur l’Europe précisément, la franchise m’oblige, à la lecture de ta lettre, à t’avouer une forme de déception. L’engagement européen est indissociable de l’idéal socialiste. Nous devons le mettre au cœur de notre projet, et d’abord, l’affronter avec lucidité et avec conviction. La motion A défend l’idée d’une véritable Europe politique, dotée d’institutions solides, d’un Parlement souverain, avec une Commission responsable devant lui. C’est ainsi que nous nous donnerons les moyens de construire enfin l’Europe sociale. Nous portons également l’idée d’un emprunt européen pour l’innovation, la recherche et l’aide aux PME. Bien sûr, il faut que l’Europe change, et notamment qu’elle donne plus de place à la solidarité. Mais pour cela, nous devons nous entendre sur quelques principes clairs en-dehors desquels l’Europe n’aura, pour ses citoyens, ni efficacité, ni réalité.

Sur la conception même du PS, en mettant en garde contre le risque d’un parti de supporters, nous avons voulu exprimer la conviction que notre parti doit être un lieu d’échanges, de débat et de réflexion, un espace qui offre de vrais repères idéologiques, non seulement à ses adhérents, mais aussi aux Français eux-mêmes. Nous pensons qu’il faut l’ouvrir à toutes les forces de la société, syndicales, associatives, militantes, ainsi qu’aux autres partis progressistes européens et mondiaux. Quant à la question des cotisations, il faudra sans nul doute en améliorer le fonctionnement actuel, mais dans le respect d’un principe auquel nous sommes attachés, celui de la progressivité.

Sur les alliances, nous devons être parfaitement clairs. La position que nous avons exprimée est d’autant moins un prétexte, que je l’ai personnellement mise en œuvre à Paris. C’est à nos yeux l’identité même du PS qui est en jeu, ainsi que notre devoir collectif de combattre l’idée pernicieuse selon laquelle la gauche et la droite, cela reviendrait au même. Une alliance avec le MODEM, dont le succès, soit dit en passant, passe par notre échec et par conséquent par le prolongement d’une telle confusion, nous semble donc non seulement inappropriée mais dangereuse.

En somme, face aux enjeux qui nous attendent et dont la crise financière accentue terriblement l’urgence, notre approche et nos réponses traduisent des différences qui n’ont rien de médiocre et dont je suis heureux que nous puissions les confronter sereinement. Et ce constat ne retire rien au fait que socialistes, nous sommes résolument engagés dans un combat commun contre la droite et la politique brutale qu’elle conduit actuellement.

Te renouvelant mes remerciements pour la lettre que tu m’as adressée, et m’inscrivant pleinement dans cette logique d’échange, je te prie de recevoir, chère Ségolène, l’assurance de mes sentiments bien cordiaux.

Bertrand Delanoë.

Publié dans : Politique
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téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

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