
Arrivée de Pierre Mauroy à la salle des fête de Castillon la Bataille
Mes chers Amis,
Je voudrais commencer par vous remercier d’être venus nombreux, si nombreux, et cela malgré cette période de vacances pascales, montrant ainsi notre force et notre mobilisation à quelques encablures du 1er tour de l’élection présidentielle.
A 10 jours de ce scrutin, il y a encore tant d’incertitudes parce qu’il y a tant d’indécisions, et que rien n’est acquis, qu’il peut se produire le meilleur comme le pire, que tout dépend de nous et de notre capacité à convaincre jusqu’au bout nos concitoyens indécis.
Oui, il va falloir répondre à la formidable espérance qui se porte sur notre candidate,
oui, il va falloir dépasser la stupeur du 21 avril 2002 en offrant enfin un vrai choix aux français, au second tour, pour décider des orientations de l’ avenir de la France.
Cette campagne arrive au terme de sa première étape, nous sommes à la flamme rouge du dernier kilomètre, et nous abordons ce sprint final avec du souffle, un souffle qui grandit, votre présence ici, massive, comme dans l’ensemble de nos réunions, comme les 15 000 personnes rassemblées dans une ambiance incroyable la semaine dernière à Bordeaux, cette ferveur représente un poumon inépuisable qui portera, j’en suis sûr, Ségolène en tête des suffrages au soir du 22 avril.
Car là est notre enjeux du moment! Le second tour sera un autre match qu’il conviendra d’aborder en son temps.
Une victoire se construit par étape et nous sommes bien placé pour nous souvenir que s’il l’on rate la première pour avoir trop tôt préparé la seconde, alors le risque est grand d’être douché dès le soir du 1er tour.
Oui, il faut mériter la confiance de nos concitoyens ; il ne faut pas prétendre à des victoires qui ne sont pas encore acquises pour quiconque, loin s’en faut.
J’en vois certains qui déjà se voient en haut de l’affiche, s’imaginent déjà là où pourtant ils ne seront jamais, inventent des ministères, parfois odieux au moins pour l’un d’entre eux, et se distribuent probablement déjà les porte-feuilles et les safranes.
Non, le temps aujourd’hui est au respect du débat démocratique, il est à la confiance que nous devons aux françaises et aux français dans leur capacité à déterminer les grandes orientations de notre pays,
le temps est à organiser le suffrage des français pour qu’ils se prononcent librement, souverainement sur son avenir et sur son destin.
Mes Chers Amis,
Nous sommes à Castillon, terre de batailles et de conquête, de la gauche mais aussi, et je dirai même surtout de la France au regard de l’histoire, et je veux saluer Michel Jouanno, le maire de cette commune, mon collègue au Conseil régional, mais d’abord et avant tout l’ami fidèle de tous nos combats. Merci Michel !

Je veux également saluer avec chaleur le Conseiller Général de ce canton, Guy Marty, le maire de la commune voisine Ste Terre, capitale internationale… de la Lamproie, et c’est la saison..
Je vois aussi ici, assis à côté de Pierre Mauroy, une personne dont la présence m’honore, un castillonnais d’adoption, un homme qui avant que je le rencontre était avant tout une voix, celle d’un marchand d’histoire sur France Inter, celle de la Bataille de Castillon aussi, un des plus grands journalistes de sa génération, souvent engagé notamment dans la défense du service public audiovisuel, un écrivain, un touche-à-tout en matière culturelle- cette culture grande absente de la campagne au demeurant-, un touche à tout disais-je, de la BD au cinéma, du documentaire à la fiction, mais aussi, et vous comprendrez que cela m’importe beaucoup…. Un fidèle militant des voyages en trains… donc un fidèle utilisateur des Ter dont j’ai la charge dans cette Région, il s’agit de Claude Villers qui nous fait l’amitié d’être parmi nous.

Vous me permettrez également de redire avec force, en mon nom personnel mais j’en suis certain en votre nom à tous, mon respect et toute mon amitié à celui qui a fait de ce Libournais une terre où la gauche a désormais droit au chapitre de la victoire, où il demeure une référence morale et un exemple pour toute une génération d’élus dont je suis, il s’agit vous l’aurez deviné de Gilbert Mitterrand qui continuera longtemps à éclairer de sa sagesse l’avenir de cette circonscription.
Enfin, alors que nous relevons le gant d’une campagne présidentielle ardue, au nom de Mitterrand, résonne un autre nom pour tous ceux qui ont pleuré de joie un certain 10 mai 1981. Ce nom c’est celui de Pierre Mauroy, celui qui a su avec François Mitterrand construire cette victoire historique, cette victoire de l’alternance salutaire de 1981, et de cette victoire, nous devons nous en souvenir avec constance, ils l’ont bâti parce qu’ensemble ils sont su d’abord créer les conditions d’un rassemblements des socialistes et bien plus largement un rassemblement de la gauche.
Je ne sais si 2007 ressemble à 1981, mais en bien des domaines je le crois car aujourd’hui, pour l’emporter dans un mois, il va falloir mener la plus belle des campagnes présidentielles depuis 81 ; il va falloir à nouveau secouer l’indifférence, lutter contre le scepticisme, refuser le fatalisme.
C’est pour tout cela, pour son œuvre et pour tout ce qu’il a à nous apporter en leçons du passé et en messages pour l’avenir, que je veux le remercier avec un infini respect, ce respect qui a tant fait défaut à notre triste pseudo-député qui, dans cette même salle, a cru qu’il était de bon ton de t’insulter cher Pierre la semaine dernière – mais entre nous, c’est probablement en cette matière, l’insulte et les mots pour rien, la dérision et la provocation comme seules marques de fabrique, qu’il excelle le plus-, je disais donc un infini respect et j’ajouterai beaucoup de reconnaissance d’avoir accepté d’être à nos côtés ce soir à Castillon la Bataille, Cher Pierre Mauroy.
Mes Chers Amis,
L’enjeu dans cette élection est simple : il s’agit de promouvoir le changement.
Le changement parce que les françaises et les français l’attendent, le veulent, l’espèrent.
Le changement, cela ne signifie pas de changer le nom du Président de la République, de se transmettre entre amis les clés des palais de cette République, non, il s’agit d’une ambition considérablement plus vertueuse, car cela signifie de changer tout simplement la politique, dans ses méthodes et dans ses orientations, et peut être même que cela signifie de changer tout bonnement la République.

Ce changement, autrement dit cette rupture, personne d’autre ne l’incarne que Ségolène Royal. C’est à elle, c’est à nous avec elle, de répondre à la formidable espérance qui est aujourd’hui porté sur le parti socialiste et sur les forces de gauche.
Non pas simplement parce que c’est une femme, bien que cette question ne soit pas anecdotique et qu’en tant que socialiste je serai fier qu’une des nôtres devienne la première présidente de la république de notre histoire, mais surtout parce que c’est elle et elle seule qui peut demain, au nom de la gauche toute entière, incarner la rupture avec la politique libérale, sécuritaire, clientéliste, et communautariste mise en place depuis 5 ans par Nicolas Sarkozy, cette même politique avec ses mêmes errances qu’il nous promet d’amplifier s’il est élu et cela malgré ses échecs patents.
Le changement, dans la forme et dans le fond, c’est Ségolène royal qui le porte. C’est le Pacte présidentiel qu’elle soumet à l’approbation des Français, ce projet qui comporte nos 100 propositions de nature à enrayer la gangrène qui ronge tous les secteurs de notre société.
Ségolène veut une France forte et elle a tellement raison face à une France terriblement affaiblie aujourd’hui.
Une nouvelle fois, je vous le demande avec force, n’acceptons pas l’imposture de Nicolas Sarkozy qui ne veut pas assumer le bilan des gouvernements sortants comme s’il n’y était pour rien.
Oui, il doit d’abord rendre des comptes sur ses échecs car il est le candidat du bilan, le candidat de la droite dure.
Il le sait tellement bien qu’il refuse aujourd’hui de débattre avec ses compétiteurs sachant qu’il ne résisterait pas bien longtemps à ses contradicteurs et à ses contradictions.
Il se vante de pouvoir être demain le Président du rassemblement des Français, mais qui peut le croire. Lui qui ne peut se rendre en banlieue, lui qui ne peut sortir en dehors des salons feutrés sans une escouade impressionnante de gardes du corps tant il cristallise sur sa personne du rejet et plus souvent encore de la haine.
Si vous n’en êtes pas convaincu de cela, comparez à vue d’œil la rue de Solférino, siège de la campagne de Ségolène, j’y étais hier, vous ne verrez pas un camion de CRS à l’horizon, et allez ensuite vous promenez rue d’Enghein, au siège de la campagne de l’UMP et là vous entrerez dans un territoire assiégé.
Non, la stratégie du candidat de l’UMP n’est sûrement pas de débattre au fond, ce n’est pas d’assumer le débat démocratique qui pourtant s’impose tellement pour éclairer en toute sincérité nos concitoyens à l’heure du choix, non sa stratégie c’est le camouflage, c’est d’essayer de cacher son identité, avec une habilité qu’il faut lui reconnaître d’ailleurs.
Il le fait même sans détour en convoquant régulièrement dans ses discours des hommes d’état issus du patrimoine de la Gauche, de Jaures à Blum en passant par François Mitterrand.
Mais quand on cite Jaures, quand on cite Zola, ce Zola qui est parti de France parce qu’il défendait Dreyfus.. je veux dire par là que ce n’est pas comme les soutiens de Sarkozy qui quittent la France pour des raisons fiscales, ces grands patriotes ou plutôt ces grands déserteurs…-, quand on cite Blum, alors il est interdit ensuite de courir après Jean-marie Le Pen pour tenter de le surenchérir en matière de xénophobie pour capter ses suffrages au nom d’un grand ministère de l’identité nationale et de l’immigration !
Et s’il est au moins un domaine où il ne pourra pas exonérer sa responsabilité, c’est bien celui de la sécurité puisqu’il a été par deux fois Ministres de l’Intérieur.
En arrivant aux manettes de la Place Beauveau, il avait demandé à être jugé sur ses résultats.
Dont acte, parlons-en :
Les violences aux personnes ont augmentées de 14% depuis 2002, un niveau jamais atteint dans notre pays.
50 000 voitures brûlent chaque années c’est-à-dire le double que sous le gouvernement Jospin et c’était déjà trop.
Nous avons connu trois semaines d’émeutes urbaines, et nous avons même connu la mise en œuvre du couvre-feu…dans nos banlieues, ces mêmes banlieues où aujourd’hui ni les policiers, ni les représentants de l’Etat, encore moins le ministre de l’intérieur ne peuvent pénétrer.
Voilà son bilan, il l’a devant les yeux, et c’est le résultat de sa politique personnelle.
Même les policiers n’en peuvent plu ; ils étaient plusieurs milliers à manifester à paris, il y a quelques jours, pour dénoncer la disparition de la police de proximité , pour dénoncer l’augmentation considérable des violences à leur égard,
pour se plaindre du manque d’effectifs et de moyens,
pour s’élever contre la culture du résultat et les quotas imposés aux policiers au détriment des missions de prévention.
Son bilan est là, il l’a devant les yeux quand il n’est plus possible pour la police d’effectuer un contrôle sans déchaîner une émeute comme ce fut le cas à la gare du Nord ou comme à Bassens la semaine dernière.
Quand il y a un tel climat d’affrontement, de haine même entre concitoyens, c’est une blessure profonde faite au pacte républicain et à la cohésion sociale toute entière.
Et scandale parmi tous les scandales, Nicolas Sarkozy voudrait aujourd’hui utiliser cet échec, son échec, pour justifier encore et toujours sa politique du tout répressif.
Il se veut du côté des victimes, il est au contraire du côté des responsables, car il est la mèche de l’incendie.
En ce qui nous concerne, nous proposons aux français un projet bien différent. D’abord, nous ne manipulerons en aucune manière les chiffres et les situations.
Nous n’instrumentaliserons aucun faits divers, nous n’utiliserons pas le discours de la démagogie, de la peur, de la récupération,
nous n’irons jamais sur le terrain nauséabond de l’eugénisme ou de la scientologie qui laisse à croire que la criminalité serait une question de gènes, que l’on naîtrait comme cela et qu’il n’y aurait rien à y faire,
non, nous ne sommes pas de ce camp là car ce n’est pas notre culture et ce n’est pas la culture d’une civilisation moderne qui assume ses différences et porte une ambition pour élever notre société.
Notre projet se situe du côté du droit, de la Loi et de son respect, du côté de la République et d’aucun autre côté.
« Etre socialiste, disait Léon Blum, c’est vouloir et mettre en place cet ordre juste qui installera la raison et la justice là où règnent aujourd’hui le privilège et le hasard. »
Car la question de l’insécurité et des violences ne peut pas être déconnectées de celle du chômage et de la précarité.
Quand un jeune qui passe le bac, qui réussit dans ses études, n’a comme avenir probable que le chômage, alors il se créé un doute légitime sur le sens de l’effort scolaire.
Et oui, tout se tient, c’est la sécurité au travail qui apporte aussi la sécurité dans la famille et qui apporte la sécurité dans le comportement vis à vis des autres.
Face à l’autoritarisme, l’injustice et le désordre qui en découle, nous proposons une réponse plus globale, la seule qui puisse enrayer la machine infernale à produire de la délinquance de masse comme c’est le cas actuellement.
Je dis cela à Castillon car j’entends que cette question des incivilités est présente sur le territoire Libournais, pas plus qu’ailleurs mais pas moins.
Et j’entends notre Député s’exciter sur cette question.
Mais qu’à t-il fait, lui aussi, en la matière ?
Jamais il n’y a eu moins de fonctionnaires de police au commissariat de Libourne qu’aujourd’hui. Jamais les conditions de travail de ces fonctionnaires n’ont été aussi délabrées qu’aujourd’hui, un commissariat déplorable, des véhicules et des moyens usés jusqu’à la corde.
Jamais les associations de quartiers, les acteurs de la prévention n’ont eu d’aussi pauvres moyens. Le Plie, la Mission Locale, l’association Le Lien, et j’en passe beaucoup, sont aujourd’hui dans l’obligation de restreindre leurs activités de réinsertion à cause du désengagement massifs des crédits de l’Etat.
Même le Centre Libournais des droits des Femmes ne peut plus assumer toutes ses missions en direction des femmes battues car là encore le Ministère n’a pas reconduit ses subventions.
Oui, il y a loin des discours enflammés dans les tribunes ou dans les médias aux actes concrets sur nos territoires.
Il faut encore et toujours le dénoncer et il faut surtout réaffirmer nos propositions qui structurent une politique globale, de la prévention à la répression, sans oublier l’éducation et la réinsertion.
Face à ces candidats de la droite dure qui promettent le démantèlement de la protection sociale avec sa franchise santé et ses régimes de retraites par capitalisation, qui promettent le démantèlement du droit du travail avec le CNE, qui promettent le démantèlement de l’Etat par la paupérisation de nos services publics et la diminution du nombre de ses fonctionnaires, nous devons porter comme seule alternative le pacte présidentiel de Ségolène Royal.
Mes Chers amis,
Je conclue en sonnant la charge. Battons-nous ensemble pour imposer le changement qui s’impose.
Nous sommes les héritiers de longs combats et je le dis une nouvelle fois devant Pierre Mauroy car je reconnais en lui l’un de ceux qui a largement fait progresser nos valeurs et porter ces combats jusqu’au plus haut sommet.
Pierre, nous allons lutter, car la lutte est une valeur intrinsèque à la gauche, nous allons lutter pour accomplir à nouveau ce formidable défi, celui de l’espoir qu’incarne la victoire de la gauche à une élection présidentielle et que nous n’avons plus réalisé depuis près de 20 ans, c’est-à-dire une génération,
nous allons lutter contre l’indécision, contre le doute pour convaincre jusqu’à la dernière heure que notre candidate est la force du changement.
Et alors, fort de ces arguments, fort de notre projet, nos concitoyens mettront, le 22 avril, leur bulletin dans l’enveloppe, ce sera celui de Ségolène Royal. Elle arrivera, je l’espère, en tête du 1er tour.
Et Quinze jour après, au terme d’un autre match, ils remettrons encore plus nombreux ce même bulletin dans une autre enveloppe en donnant alors tout son sens au slogan « la France Présidente », la République française s’illuminera d’un nouveau visage, et ce visage sera celui de Ségolène Royal.

"Les difficultés économiques se traduisent par une crise durable qui appelle des mutations structurelles de tous les maillons de la filière, du vignoble au rayon du distributeur...."
Parce qu'elle en a compris l'enjeu pour l'économie, l'emploi et le patrimoine culturel français, Ségolène Royal fait des propositions concrètes pour la viticulture.


