C’est l’automne. C’est la saison où tombent les feuilles d’impôts locaux dans nos boîtes aux lettres. Rendez-vous douloureux mais rendez-vous citoyen…
Et, tels les défilés de mode qui se tiennent en décalé par rapport aux saisons, c’est aussi la période des débats budgétaires, pour l’Etat comme pour chaque collectivité locale, débats qui préparent déjà les tendances fiscales de 2007, c’est-à-dire les impôts que nous recevrons dans un an.
Pour l’Etat, l’exercice qui préside à ces arbitrages est en cours de discussion au Parlement au travers le « projet de loi de finances » pour 2007. Il est le dernier de cette législature et solde les comptes de ce triste quinquennat. C’est donc un budget singulier car les arbitrages qui seront votés par cette majorité parlementaire seront probablement caduques après les élections présidentielles et législatives de 2007. En conséquence, l’heure est au bilan et il est cinglant : Durant cette mandature, les 10% des français les plus riches se sont partagés pas moins de 6 milliards grâce aux baisses ciblées d’impôts sur le revenu. Mais, dans le même temps, l’ensemble de nos concitoyens ont subi de plein fouet les hausses de prélèvements de toutes sortes ( hausse des produits pétroliers et refus de ce gouvernement de recourir au dispositif de la TIPP flottante, hausse de la CSG, hausse des prix des transports en commun, explosion du nombre des PV, prix du tabac, augmentation de la redevance télé, …) et l’abandon de politiques publiques pourtant indispensables à la cohésion sociale de ce pays. Même le très sérieux quotidien économique – et conservateur- « la Tribune » titrait dernièrement « Prélèvements records : jamais les Français n’ont été autant taxés ».
C’est vrai, chacun d’entre-nous le constate au quotidien en observant l’évolution de son pouvoir d’achat, et pourtant la France s’est appauvrie puisque la dette publique a explosé passant de 56% du Produit Intérieur Brut ( PIB) en 2001 à 63,6% en 2007.
Les collectivités locales font aussi les frais de cette politique. Elle se trouvent dans l’obligation morale de prendre le relais d’un Etat dont le gouvernement ne veut plus prendre en charge de nombreuses missions pourtant garantes de la solidarité nationale entre les citoyens et les territoires. Et naturellement ce désengagement de l’Etat se fait sans le transfert des ressources financières permanentes et durables pour y faire face. Les exemples sont nombreux, j’aurai pu illustrer le désengagement de l’Etat de ses missions d’aménagement de territoire en transférant les charges inhérentes vers les Régions, mais en l’occurrence je n’en prendrai qu’un seul : Depuis que l’Etat a transféré le traitement du RMI aux Conseils Généraux, il s’emploie ardemment à sortir du régime de l’assurance chômage nos concitoyens les plus éloignés du marché de l’emploi avec un double intérêt : Le chômage diminue ( mais en fait le nombre d’allocataires du RMI augmente…) et ce n’est plus lui qui paye.
L’objectif de la Droite est donc simple. Elle veut faire croire, coûte que coûte, que d’un côté l’Etat mènerait avec courage des réformes importantes et baissera



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