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  • 38 ans
  • Conseiller Régional d'Aquitaine délégué aux dessertes Ter Aquitaine
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Mercredi 2 août 2006

Le Liban s’enlise chaque jour un peu plus dans la tragédie. Son 1er ministre, Fouad Siniora, lance régulièrement un appel au secours aux diplomaties étrangères : « Israël nous mène en enfer » a-t-il déclaré la semaine dernière et cela bien avant le carnage de Cana. Ce pays déjà terriblement meurtri au fil de son histoire, avait réussi à renaître jusqu’à donner de belles couleurs à son économie – Le Liban était par exemple redevenu un débouché important pour l’économie viti-vinicole Libournaise -, et la saison estivale s’annonçait même prometteuse. Tout s’est brutalement écroulé dans le fracas des bombes. Des centaines de milliers de familles soudain sans abri, jetées à nouveau sur les routes de l’exode essayant d’échapper au déluge de feu de Tsahal.

Le Hezbollah a provoqué ce conflit en enlevant des soldats israéliens. Face à une telle provocation, il était normal qu’Israël se défende. Mais ce qui choque aujourd’hui, c’est la démesure, la disproportion de la riposte, au point que le pire est devant nous par le risque évident d’un enlisement entraînant un embrasement de l’ensemble du proche-orient, la Syrie se faisant de plus en plus explicite et menaçante. Et que dire des propos incendiaires du président iranien Ahmadinajad dont on se demande si celui-ci n’irait pas jusqu’à lancer des missiles sur l’état hébreu. Nous n’en sommes pas encore là mais dans ce chaudron du diable qu’est devenu cette région du monde, les pires hypothèses ne sont pas à exclure et le fil du rasoir est bien mince. Comme souvent en pareil cas, la balle est dans le camp de la communauté internationale, de l’ONU en particulier. Le conseil de sécurité saura-t-il dépasser ses atermoiements diplomatiques stériles, ses formules convenues qui ne veulent rien dire et qui conviennent donc à tous, et imposer ses décisions ? Pour cela, il faut que l’ONU parvienne à convaincre les Etats-Unis de peser vigoureusement sur Israël pour que celui-ci ne s’enferme pas dans un jusqu’au boutisme de tous les dangers. Il est temps que les armes s’effacent devant la diplomatie. Quelle que soit la volonté de l’armée libanaise, elle n’a pas les moyens de s’opposer militairement à Israël ni à mettre à la raison les combattants chiites. C’est donc à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et d’imposer le maintien de la paix. Cela passe sans aucun doute par le respect des résolutions de l’ONU, celle qui impose le désarmement du Hezbollah comme celles qui imposent le respect des territoires palestiniens. Car je n’oublie pas le drame de la bande de Gaza -et de la Cisjordanie dans une moindre mesure-. Là aussi, la puissance de feu d’Israël est démesurée provocant la mort quotidienne de dizaine de civils. Je connaît un peu cette région du monde. En 1999, quelques semaines avant l’auto-proclamation de l’ Etat palestinien, j’ai eu l’opportunité de me rendre successivement en Israël et dans les différents territoires palestiniens, en rencontrant à chaque fois des responsables politiques et diplomatiques. J’avais été frappé par la ghettoïsation organisée des arabes forcément porteuse de frustrations et de rancœur durables mais je me souviens aussi d’une discussion optimiste dans la vieille ville de Jericho avec Saeb Erikat, chef des négociateurs palestiniens. L’espoir existe et il réside dans les résolutions onusiennes. Aujourd’hui, le Liban comme Gaza sont en danger de mort, menacés d’être rayés de la carte. On peut reprocher à leur gouvernement respectif de n’avoir pas su gérer son devenir en partageant le pouvoir avec le Hezbollah ou avec le Hamas, mais aujourd’hui il s’agit de les aider à sauvegarder leur souveraineté. C’est pourquoi, au nom de la paix, nous sommes tous des Gazaouis et des Libanais.

par Philippe Buisson publié dans : Philippe Buisson

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