A partir d’aujourd’hui, il sera obligatoire d’apposer sur chaque bouteille d’alcool un message sanitaire à destination des femmes enceintes. Ce message peut prendre la forme d’un pictogramme ou de la phrase d’information suivante : « la consommation d’alcool pendant la grossesse même en faible quantité peut avoir des conséquences grave sur la santé de l’enfant ».
Bien entendu, ce message concernera les bouteilles de vin.
Je ne conteste pas l’importance du syndrome d’alcoolisation fœtale ( le SAF) qui est devenu la 1ère cause non génétique du handicap mental chez l’enfant avec près de 1000 nouveau-nés atteints chaque année en France ( sur 750 000 naissances).
Pour autant, l’amalgame entre vin et alcool fort demeure toujours plus d’actualité alors même que nous devrions mieux différencier ces produits.
Au moment où une étude d’Ipsos nous confirme le rôle prédominant des femmes dans la consommation et l’acte d’achat du vin, cette nouvelle réglementation risque de refroidir une économie viticole qui venait à peine de ressortir la tête de l’eau.
Pendant la campagne électorale, je me souviens des propos enflammés de mon compétiteur Jean-paul Garraud expliquant qu’il avait obtenu des assurances précises de la part de N. Sarkozy pour sortir le vin de la problématique des alcools forts. Il n’en sera naturellement rien.
Le french paradox va toujours plus mal. Alors que des études américaines se multiplient avec des publications sur les bienfaits supposés du vin, les pouvoirs publics français et européens continuent à ignorer superbement ces travaux. J’en veux pour preuve ce dernier exemple publié par l'université de Birmingham la semaine dernière : une molécule abondante dans le vin, le resvératrol, pourrait avoir un rôle important dans la lutte contre le cancer de la prostate ou le cancer du sein. De cela, rien n’est dit pour contrebalancer le lobby anti-viticole. Les promesses électorales visant à réhabiliter le vin et les viticulteurs semblent déjà périmées.


