Lors de la mise en ligne de ce blog, au début de cette année, je souhaitais contribuer à l'animation du débat local en livrant, ici, mes commentaires et analyses à partir des faits marquants ayant ponctués ma semaine. Ainsi, sauf par l’éclairage d’un événement spécifique libournais, je voulais notamment éviter la dérive d'une écriture exégète de l'actualité nationale dans un style probablement plus ampoulé que nombre d'articles de presse livrés avec la prose et l'éloquence de l'éditorialiste professionnel. Je ne sais si j’y arrive mais j’essaie de me tenir à cette ligne de conduite : « ne pas réécrire en moins bien ce que l’on peut de toute façon lire par ailleurs ». Or, cette semaine, j'étais en vacances et je considère d'un intérêt somme toute très limité de transformer ce billet en une sorte de journal de voyage. Fidèle au concept exprimé ci-dessus, ce texte sera donc plus court qu'à l'accoutumée, dans l'attente de celui de la semaine prochaine... c’est promis.
Cependant, même (très) éloigné de Libourne, je me suis régulièrement tenu informé d'au moins deux sujets qui me turlupinent, l'un plus futile que l'autre, je vous le concède:
Le futile : Les résultats du FC Libourne/St Seurin, bien sûr, dont je suis un supporter exalté, peut être même un peu trop selon quelques témoignages à froid de mes congénères de tribunes. Je crois emmagasiner autant de stress un soir de match qu'au court d'une soirée électorale; c'est tout dire car c’est beaucoup !... La D2 est certes une rive à portée de shoot de la bande à Castant mais le tableau se resserre en haut du classement, nous avons perdu cinq points en trois matchs sur le 4ème ( c'est à dire sur le premier à ne pas monter) suite à deux matchs nuls – qui n’ont rien de déméritant au demeurant- ; il faut donc remettre en marche la spirale de la victoire dès samedi prochain contre Toulon pour goûter aux joies d'une fin de championnat délivrée de tout enjeu autre que celui du plaisir de jouer et de communier avec un public enfin plus nombreux.
L’autre dossier beaucoup plus inquiétant à avoir sérieusement bousculé la sérénité de ma semaine fut celui du Pays du Libournais et des fortes turbulences budgétaires et morales qu’il est en train de traverser. Un rappel préalable s’impose, n’en déplaise à certain : ce syndicat mixte est une oeuvre collective dépourvue, en principe, d'enjeu de pouvoir et de stratégie partisane - c'est d'ailleurs probablement sa faiblesse car une administration publique n’est bien orchestrée que lorsqu'une minorité contrôle l'exercice du pouvoir d’une majorité-. Ainsi votés à l'unanimité par l'ensemble de ses membres, issus de tous les rangs de la classe politique de droite comme de gauche, les budgets successifs du Pays n'ont, à ma connaissance, jamais fait l'objet de réserves de qui que ce soit. Au contraire, chacun se félicitait du consensus mou qui entourait ces débats. Aujourd'hui, il faut faire face à l'étendue des dégâts d’une dérive budgétaire révélée voici quelques jours. Il faut naturellement l’ évaluer précisément ce est le cas par le biais d'un audit en cours ; il faut qualifier les éventuelles fautes en identifiant si possible les responsabilités pour, le cas échéant, se donner la possibilité d'ester en justice; il faut enfin sans attendre engager un plan drastique d'apurement de la dette en imposant une réduction importante de la voilure des activités du Pays ce qui aura pour conséquences inéluctables une réduction significative du nombre de salariés. Tout cela semble aujourd’hui mis en œuvre avec célérité et dans une volonté de totale transparence, auprès des élus comme des contribuables, et, sur ce point, je sais gré au Président Serge Morin de faire preuve de courage et de responsabilité dans des circonstances délicates. Mais une question reste en suspens : solidaires dans la construction de ce Pays, les élus sauront-ils le rester dans cette période plus houleuse ? Je n’en sais rien. Certains sont tentés d’assumer une crise politique et, après tout, peut-être est-elle légitime. Ce dont je me souviens, c’est d’avoir assister à la toute première rencontre entre Gérard César et Gilbert Mitterrand en 1999, l’un et l’autre parlementaires à l’époque. Et, s’il est exact que leur volonté commune a permis la mise en œuvre de cette structure, cette démarche s’est engagée avec un desiderata partagé, celui de ne pas construire une immense usine à gaz mais, au contraire, de bâtir un outil modeste capable de réfléchir sur l’identité du territoire Libournais et éventuellement de le représenter. Je crains qu’au fil du temps, cet outil ai très largement échappé à ses bâtisseurs et que, faute d’un contrôle politique précis et permanent, cette machine ne se soit emballé sous la gouverne d’un directeur fantasque. Dans quelques jours, l’audit sera rendu public et nous saurons alors le prix de cette dérive. Au-delà de l’acceptation du principe d’une augmentation des cotisations, le règlement de cette impasse budgétaire( obligatoire car il n’existe pas de dispositif de dépôt de bilan pour les équipements publics) n’ira pas sans poser de lourdes difficultés aux communes et intercommunalités car celles-ci ont d’ores et déjà voté leur budget respectif sans prendre en compte cette surcharge. Il va donc falloir affiner les modalités d’apurement de cette dette. Mais sur un plan plus politique, il faudra aussi probablement rapidement tirer quelques conclusions en commençant par redéfinir statutairement le champ d’intervention du Pays en le restreignant à quelques dossiers structurants tels que le Plan Local de l’Habitat, le Schéma de Cohérence Territorial ou le développement économique. Cependant, je ne suis pas de ceux qui appelle de ses vœux la liquidation de cet outil car, dans cette hypothèse, notre territoire pâtirait grandement d’un manque de coordination lors de ses requêtes auprès des collectivités locales ( Département et Région) ou auprès de l’Etat. J’en veux pour preuve, par exemple, que le Gouvernement vient de faire savoir que les futurs Contrats de Plan ( appelés désormais contrats de projets), c’est-à-dire l’engagement pluriannuel de l’Etat auprès des collectivités locales sur nombre de politiques et de projets importants, seront négociés en association avec les Pays. Il va donc falloir beaucoup de sang-froid, d’habileté et de sens de l’intérêt général aux élus libournais pour reconstruire sereinement cette structure ; je poursuivrais en ce qui me concerne une collaboration constructive en tant que représentant du Conseil Régional auprès de ce Pays qui n’est ni de Droite ni de Gauche puisqu’il est le Libournais. Mais je crains aussi que ce ne soit là que le début d’un long feuilleton aux arcanes tumultueuses….
Il y a presque autant de ponts à Libourne ( 3 et une passerelle ferroviaire) qu’à Bordeaux ( 4 et une passerelle ferroviaire) ! Dans ces deux communes, le 1er d’entre-eux a été réalisé par le même ingénieur des Ponts et Chaussées, Claude Deschamps, aux alentours de 1820. Ainsi, le pont de pierre de Libourne est le petit frère de celui de Bordeaux. A part ça, rien de passionnant dans ces considérations, si ce n’est pour constater que le franchissement de la Garonne à Bordeaux a toujours été un problème prégnant pour relier le Sud-Ouest au reste de la France. Heureusement, la volonté politique semble enfin se muscler pour améliorer cet handicap géographique qui fait de Bordeaux le dernier grand bouchon dans les transits routiers allant du Nord de l'Europe vers la péninsule ibérique, et fragilisant un peu plus l'économie des territoires de notre finistère Aquitain; alors, l’actualité bordelaise est actuellement riche en projets de franchissement, ce qui, une fois encore, n’est pas du luxe pour qui doit transiter régulièrement d’une rive à l’autre.
Alain Rousset, Président de la CUB, semble déterminé à mener à terme un projet de pont, levant ou pas, au droit de Bacalan.
Le même Alain Rousset, mais aussi Philippe Madrelle, Président du Conseil Général et Michel Boyon, Président de Réseau Ferré de France, ont posé cette semaine, en présence de Dominique Perben, Ministre des transports, la 1ère pierre du futur pont ferroviaire qui remplacera d’ici 2 ans l’actuelle passerelle Eiffel. J’ai, pour la petite histoire, été sensible à participer à cette manifestation car j’ai eu à suivre précisément la gestation de ce projet lorsque je représentais le président de la Région lors des différentes réunions du jury de concours mis en place pour attribuer le marché de cet ouvrage. Et j’avoue avoir adoré cet exercice pour lequel je me suis pris au jeu d'une décision d'urbanisme importante puisqu'elle qui griffera la ville pour quelques décénies.
En outre, un troisième franchissement est en discussion depuis que, par une décision du mois de mai 2004, le gouvernement a retenu le principe de contournement autoroutier de l’agglomération bordelaise par l’Ouest, c’est-à-dire par le Blayais et le Médoc, en reliant l’A10 ( Paris/bordeaux) à l’A 63 qui descend vers l’Espagne. Et là est l'important des propos de ce billet:
Je suis de ceux qui considère qu’il n’y a pas grand chose à redire quant à l’option choisie ; l’hypothèse d’un contournement par l’Est de Bordeaux, par le Libournais et le Langonnais, poserait infiniment plus de difficultés d’intégration, notamment dans notre secteur viticole très dense. Par ailleurs, les études du Commissariat au Plan tendaient à démontrer une faible attractivité de cette alternative pour capter le trafic routier, donc une rentabilité moindre pour la future concession autoroutière.
Par contre, l’initiative prise conjointement par le Pays du libournais et par la CCI de Libourne visant à prolonger l’aire d’étude de ce contournement par un barreau traversant le canton de Fronsac et joignant l’A89 ( Lyon/Libourne) à l’A10 est parfaitement opportune ( cf shéma ci-dessous). Cette extension serait une mesure compensatoire pour les territoires du Nord Est girondin en parfaisant le désenclavement de la vallée de l’Isle, d’une partie de la Dordogne et de la Charente.
Au regard des enjeux, je voulais mettre ce modeste outil de communication qu'est ce blog au service de cette cause à défendre de manière consensuelle et vous invite pour ce faire à vous associer à cette démarche en signant cette motion sur le site http://www.libourne.cci.fr/pdf/motionsoutien.pdf.
Qu'il s'agisse des réflexions engagées dans le cadre du "Shéma Régional d'Aménagement et de Développement Durable du Territoire" - appelé plus simplement "SRADDT" ou encore "Aquitaine Horizon 2020" - ou qu'il s'agisse des négociations qui vont s'ouvrir dans le cadre du futur contrat de plan Etat-Région - appelé encore Contrat de Projet-, il faudra impérativement peser pour faire inscrire cette étude supplémentaire sous peine de ne plus pouvoir plaider ce projet avant fort lontemps.





