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  • 38 ans
  • Conseiller Régional d'Aquitaine délégué aux dessertes Ter Aquitaine
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Dimanche 27 août 2006

La Rochelle est un peu aux socialistes, ce que Libourne est aux arts de la rue. Chaque fin d’été, c’est le rendez-vous traditionnel des militants avec sa programmation officielle et ses événements « off ». Cette année, il y avait encore un peu plus de monde qu’habituellement, plus de militants, plus de journalistes aussi puisqu’on dénombrait plusieurs centaines d’accréditations « presse », signe tangible qu’il se passe quelque chose autour et au sein du Parti Socialiste. J’en étais et j’ai aimé ces trois jours. En fait, n’en déplaise à ceux qui attendaient des escarmouches, l’ambiance était plutôt sereine. Aucune agressivité, aucun sifflet pour personne. Non, chacun connaissait les règles et les enjeux : Ne pas fragiliser le parti et, au-delà du parti, la gauche toute entière pour offrir aux français une possibilité d’alternance le 6 mai 2007.

Le temps fort restera incontestablement ce moment compassionnel où Lionel Jospin s’est humanisé aux larmes, les larmes d’un éléphant qu’on disait au sang froid. Il était en dette d’une explication auprès des militants et de l’électorat socialiste sur sa décision contestable au soir du 21 avril 2002.  Contestable sur le fond bien sûr, mais dans mon propos, contestable surtout sur la manière dont il l’a pris, seul, sans conseil, jouant perso comme si la politique n’était pas une entreprise d’équipe, sans même en référer au 1er secrétaire. Non, ce fut incontestablement une erreur caractérielle d’un homme qui, à l’époque au moins, ne s’estimait à sa juste valeur. 4 ans après, revenir sur cet épisode était nécessaire au moins pour cet exercice de repentance qu’il devait à la gauche. A t-il pour autant fait bouger les lignes et créer le souffle capable de le positionner favorablement pour une nouvelle candidature. Je ne le crois pas. La France et le PS ont appris à vivre sans lui ; et même Ségolène qu’il avait sans doute espéré user comme lièvre de luxe dans cette course à la désignation semble peu enclin à s’effacer, et c’est un euphémisme. L’autre enseignement de La Rochelle, c’est d’ailleurs cette colère qui habite Lionel Jospin lorsqu’il observe le parcours de celle qu’il pensait supplanter aisément au point que certaines alliances ne sont plus à exclure entre lui et DSK par exemple. Laurent Fabius a quant à lui traversé ces universités à sa manière, sereinement, parlant du fond, sur sa ligne et sûr de sa ligne.

Pour les socialistes girondins, l’important était aussi de se retrouver pour préparer prématurément les municipales bordelaises. Vous le savez, Alain Juppé a décidé de redevenir maire de Bordeaux et, tel un prince, a exhorté son conseil municipal à démissionner pour lui permettre ce retour aux affaires. Bon, nous serions au début d’un mandat, je peux penser que, même si elle n’est pas très digne, cette manœuvre aurait pu être humainement légitime. Mais là, il n’en est rien. L’ensemble des municipales aura lieu très probablement dans un an, en septembre ou octobre 2007. La droite toujours prompte à donner des leçons en matière de gestion des fonds publics va donc provoquer, pour sa seule convenance, sans aucun intérêt pour les bordelais, des élections anticipées qui coûteront aux contribuables plusieurs centaines de milliers d’euros. Lorsqu’on connaît l’impécuniosité de l’Etat, les coupes sombres budgétaires qui rognent bien des dispositifs sociaux, une économie française flageolante, un pouvoir d’achat en baisse pour nos concitoyens, abuser des fonds publics de cette façon est absolument indécent !

La réponse devra donc être la sanction électorale. Pour cela, il faudra aligner une liste de gauche crédible, réunie, sans complexe et capable de mobiliser notre électorat. Cette élection, qui devrait se dérouler fin octobre, dépassera largement les frontières médiatiques de Bordeaux. C’est donc une responsabilité supplémentaire qui nous incombe, celle de ne pas faire de Bordeaux le tremplin électoral de la droite. Aucun combat n’est perdu tant qu’il n’a pas été mené. Je connais bien les rapports de force politiques bordelais – j’ai mené bien des campagnes pour Gilles Savary puis Michèle Delaunay – et je mesure qu’ils ne nous sont pas favorables. Mais là aussi les lignes bougent, à chaque élections cantonales des cantons nouveaux tombent à gauche, aux européennes et aux régionales les listes de gauche étaient largement en tête. Il faut donc avoir le sens de la victoire et se battre pied à pied pour faire du retour de Juppé non pas une formalité mais au contraire, en profiter pour acter les bases d’une reconquête de la gauche, ici puis ailleurs. Pour qu’Alain Juppé connaisse à son tour les affres des combats électoraux jugés faciles et pourtant… finalement perdus.

par Philippe Buisson publié dans : Philippe Buisson
Dimanche 20 août 2006

Il est légitime et nécessaire de lutter contre l’immigration clandestine. Mais les efforts de l’Etat doivent être ciblés pour s’attaquer d’abord et avant tout aux vrais responsables que sont les passeurs, les vendeurs de sommeil, les réseaux de prostitution ou de mendicité, les employeurs clandestins ( la période des vendanges est par exemple particulièrement propice pour ces derniers…) qui prospèrent trop souvent impunément. S’en prendre, comme c’est le cas actuellement, uniquement à leurs victimes est une politique qui vise à satisfaire une certaine clientèle avide de résultats chiffrés en matière de reconduites à la frontière, sans autres considération ni sur le fond du problème ni sur les moyens usités pour parvenir à ces expulsions.

Dans une circulaire du 13 juin dernier, Nicolas Sarkozy donnait deux mois aux familles des enfants scolarisés en France mais dont un membre est en situation irrégulière pour déposer en préfecture un dossier de régularisation. Les services de l’Etat ont été submergés de requêtes, le Ministre confirmant lui-même cette semaine le chiffre de 30 000 demandes. Cédant à la panique lui faisant craindre de perdre son capital sympathie auprès du Front National, N. Sarkozy a fixé à 6000 le nombre de régularisations acceptables et ce quelque soit le nombre de demandes formulées. Drôle d’Etat de droit où notre gouvernement ose sans pudeur demander à ses préfets d’étudier des dossiers non pas au vu de chaque situation individuelle mais plutôt à travers le respect d’un quota arbitrairement fixé, flouant aux pieds le principe même de l’égalité républicaine.

J’ai une pensée affective pour ce haut fonctionnaire de la préfecture de police de Paris qui, au début de l’été, avait fait sortir de ses gonds le Ministre de l’Intérieur car il avait pronostiqué la régularisation de plusieurs milliers de familles. «  Ceux qui disent cela ne savent pas de quoi ils parlent » avait aboyé Sarkozy sur toutes les ondes. Ah bon… Sauf que ce fonctionnaire avait raison et que le Ministre avait tord, encore tord.

Aujourd’hui les associations présentes aux côtés de ces enfants et de ces parents avancent des chiffres allant jusqu’à 40 000 dossiers de demandes de régularisation. Et encore, probablement toutes n’ont pas pu respecter le délai fixé au 13 août tant les préfectures furent dépassées par l’ampleur des dossiers à instruire. En lieu et place d’une étude au cas par cas, le ministre substitue donc une barrière purement comptable en fixant le chiffre de 6000 régularisations quoi qu’il arrive, sans autre explication sur ce chiffre d’ailleurs. Au nom d’ambitions présidentielles, pour un costume qui semble de plus en plus trop grand pour lui, il sacrifie alors le respect des droits et la dignité de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants. Avoir comme projet d’expulser des dizaines de milliers d’enfants dont la plupart sont scolarisés en France, parlent notre langue, ont construit leur environnement dans notre pays, c’est prendre la responsabilité d’engendrer de graves drames humains d’autant plus insupportables qu’ils ne règleront en rien le problème de fond lié à l’immigration en France.

C’est pour ces raisons que je soutiens depuis le début du mois de juin les actions de Réseau Education sans Frontières ( RESF ) et que je vous invite à vous mobiliser, notamment à l’occasion de la rentrée scolaire, contre cette « chasse aux enfants » programmée. Il ne s’agit pas de jouer sur une quelconque corde sensible pour faire pleurer opportunément la veuve et l’orphelin. Non, il s’agit du combat d’une certaine ambition pour l’humanité.

Bien des pays européens comme l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne montrent qu’une autre politique est possible en matière d’immigration. Entre le laxisme d’un côté et la démagogie teintée de xénophobie de l’autre, il y a la place pour une politique responsable qui prenne en compte les enjeux démographiques, économiques et humanitaires, qui mette en place les conditions d’un flux migratoire maîtrisé par une aide au développement renforcé.

La démagogie dont fait preuve Nicolas Sárközy de Nagy-Bócsa ( nom entier de N. Sarkozy, lui même fils d’un aristocrate hongrois contraint à l’exil en 1944 vers l’Autriche puis l’ Allemagne, et s’installant en France en 1948… ce qui n’est en rien une tare a priori) n’est pas un discours de raison, c’est un procédé indigne et dangereux. Quelle que soit la dureté des lois de la République, personne ne peut accepter que ces enfants soient victimes de la précipitation actuelle et de l’improvisation estivale d’un ministre en perte de sang-froid. 

Pour plus d’informations, rendez vous sur le site  www.educationsansfrontieres.org 

 

 

par Philippe Buisson publié dans : Politique

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RGPP, l’acronyme claque avec âpreté. Et le projet qu’il recouvre est tout aussi brutal. Cette révision générale des politiques publiques que le gouvernement s’échine à faire passer pour une modernisation de l’État dissimule mal un véritable démantèlement des services publics. Après avoir dilapidé une partie de son budget dans le paquet fiscal, la droite est contrainte de faire des économies en dépit du bon sens : suppression de postes dans l’Éducation nationale, fermeture de bureaux de postes, suppression des écoles de gendarmerie, ...

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