L’augmentation du salaire de Nicolas Sarkozy n'aura aucun impact sur le budget global de
Cependant, augmenter unilatéralement, sans sourciller, sa rémunération de 140%, de 8000 euro à 19 000 euro mensuels, dans le contexte social actuel est indécent surtout quand l’essentiel des messages adressés aux Français depuis quelques mois se résume grosso modo au constat qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens et qu’ils sont donc appelés à faire des efforts très contraignants. Comment alors expliquer aujourd’hui aux salariés rémunérés au smic ( 1000 euro environ) qu’ils ne bénéficieront d’aucun coup de pouce, qu’ils vont au contraire être mis à contribution avec des franchises médicales tous azimuts, et s’attribuer dans le même temps à soit même de telles largesses.
J’entends depuis quelques heures plusieurs arguments distillés par l’entourage du président qui m’apparaissent pour le moins osés :
- Le salaire du Président s’aligne sur celui du 1er ministre.
D’abord je note que le Président bénéficie d’un « contrat » stable d’au moins 5 ans alors que le 1er ministre et les membres de son gouvernement sont révocables à tout instant. En outre, si l’élévation de la grille des salaires par le haut est la règle au sommet de l’état alors il n’est pas insensé de voir cette logique s’appliquer au sein de la fonction publique par exemple qui regorge de cas similaires où un responsable a sous ses ordres un subordonné mieux payé que lui.
- Le Président français gagne moins que ses homologues européens.
C’est globalement faux car nous étions dans le peloton de tête. Ensuite il faut comparer les salaires à périmètre constant. J’en veux pour preuve qu’en Allemagne, la chancelière gagne environ 20 000 euro par mois mais ne bénéficie pas d’un logement de fonction rétribué par la collectivité.
- Le salaire du Président est très loin des rétributions des grands chefs d’entreprise.
Certes. L’engagement politique n’est effectivement pas un parcours très rémunérateur ; c’est pourquoi une réflexion honnête et courageuse sur le statut de l’élu et leurs émoluments devient urgente. En toute franchise, le scandale est moins le salaire du Président de
Enfin, selon l’adage souvent usité par Nicolas Sarkozy affirmant que l’exemple doit venir d’en haut, nous sommes ici face à un acte absolument inverse aux dires présidentiels.
Mais peut-être n’est -il pas nécessaire d’être pratiquant pour être croyant ?
L’annonce du maintien du tribunal de Grande Instance de Libourne et du pôle judiciaire y afférent est la reconnaissance du travail mené de longue date pour affirmer la spécificité du territoire Libournais au sein du département de la Gironde. Elle conforte aussi le rôle dévolu à Libourne pour être le pôle à partir duquel s’organise ce bassin de vie.
Enfin, l’élargissement de la juridiction du TGI de Libourne vers le Blayais confirme l’émancipation d’une logique « rive droite » dans l’organisation du territoire girondin.
Cette victoire est une victoire collective qui s’adosse à des années de lobbying auprès des pouvoirs publics à l’instar de ce que nous avions déjà obtenu lors de la réforme des tribunaux de commerces en 2000.
L’égocentricité de Jean-Paul Garraud tendant à faire croire qu’il aurait eu un rôle déterminant dans le choix annoncé aujourd’hui par madame la Garde des Sceaux est infondée et surtout indécente au regard de la large mobilisation des acteurs locaux autour de ce combat.
Même en période électorale, la décence impose de se féliciter que la logique de territoire l’ait emporté sur la logique politique d’une départementalisation de la justice. Cette démarche n’était pas celle d’un parlementaire seul de la majorité ; elle était au contraire le fruit d’une ample contestation de ce projet soutenue par différents parlementaires mais aussi par le barreau de Libourne, par la Ville de Libourne et la plupart des communes de notre arrondissement, par le Conseil Général de la Gironde, par le Conseil Régional d’Aquitaine, par la CCI de Libourne et par nombre d’acteurs économiques et de justiciables.
Cette annonce est une reculade du Gouvernement. C’est une mise en échec des intentions de Nicolas Sarkozy qui voulait démanteler les services de justice de proximité.





