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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Lundi 20 février 2006 1 20 /02 /Fév /2006 00:00

Les vertus de la crise viticole sont bien rares, notamment en Gironde.

Pourtant, il m’arrive d’observer quelques bienfaits collatéraux à cette crise. En premier lieu, un aspect positif me parraît être que nos viticulteurs retrouvent certaines valeurs égarées lors des années fastes de spéculations irraisonnées, celles de l’humilité de l’agriculteur, celles de la valeur d’une vinification bien maîtrisée, celles de l’argent gagné laborieusement au-delà des prébendes héritées.

Mais, outre cette appréciation très personnelle, cette crise est  aussi le catalyseur de solidarités peu naturelles, où l’appartenance à une entité ou à un territoire prend plus de sens et de relief.

Pour bien le comprendre, il me faut faire un rapide rappel de « géopolitique » locale :

Le vignoble de Saint-Emilion est l’un des plus prestigieux du monde. Contrairement à une idée répandue, l’appellation dépasse de très loin les frontières de la commune éponyme . En effet, 9 communes se partagent cette appellation ; 8 d’entres-elles forment la « Juridiction de St-Emilion » qui s’enorgueillie fort justement d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999, 1er vignoble au monde à bénéficier de ce prestige.

Exclue de cette reconnaissance,  Libourne et ses 450 ha en appellation St-Emilion ( il y a aussi 200 ha de « Pomerol » et 100 ha de « Bordeaux Supérieur » sur le territoire communal), ce vignoble semble victime d’un jugement de mépris « pour bâtardise »  par le reste de ses pairs. A décharge, il me faut préciser que ces vignobles situés sur la commune de Libourne bénéficiaient jusqu’en 1989 de l’appellation peu renommée « les sables Saint-Emilion » à cause d’un terrain de sable et de grave issu de la plaine de la Dordogne, sol peu semblable à la typicité  des coteaux calcaires du St-Emilionnais.

Et ainsi prospérait jusqu’alors le Libournais ; dans une indifférence volontaire, le milieu viticole ignorait Libourne et Libourne s’en accommodait. Pourtant, aucun des deux n’aurait pu s’affranchir de l’autre. La ville apportait ses commerces, ses services, ses logements et  sa main d’œuvre aux viticulteurs qui eux-mêmes contribuaient largement à la prospérité de Libourne. Une symbiose économique minimale adossée à une très faible complicité politique –euphémisme poli- entre Gilbert Mitterrand et les édiles saint-émilionnais.

Oui mais voilà. La crise viticole actuelle semble avoir l’indélicatesse de s’attaquer à ce bastion viticole protégé et imperturbable depuis … 800 ans.

Après quelques atermoiements de façade, le réveil est brutal et la bataille économique s’annonce rude, longue et incertaine. Et c’est ainsi, qu’avec une fébrilité non feinte, une méfiance assumée de part et d’autre, un dialogue constructif s’est noué récemment entre élus de St Emilion, Gilbert Mitterrand et moi-même. Pas pour une discussion de salon - celles-ci ne se sont jamais interrompues - mais pour envisager une collaboration… en vue de la 1ère fête du Saint-Emilion annoncée pour le mois de juin prochain. Celui qui n’est pas d’ici ne pourra pas jauger à sa juste valeur le frémissement de cette évolution.

Pourtant, en dépassant nos crispations et nos suspicions mutuelles, en créant des synergies de moyens, nous pourrions concevoir les conditions d’un nouveau souffle pour l’économie locale, en matière touristique notamment. St-Emilion reçoit 1 million de visiteurs par an, sans savoir où les loger. Or son office de tourisme ne peut légalement pas, à ce jour, commercialiser l’hôtellerie située à Libourne, ville qui elle-même possède son propre office… mais n’attire pas les touristes. Nous n’avons plus les moyens d’assumer ces  aberrations. Ce duel fratricide trouve ses fondements dans les arcanes d’une époque largement révolue. Il faut se priver de ce luxe sans attendre. N’en déplaise à ceux qui s’arc-boutent sur cet archaïsme pour servir parfois quelques faims politiciennes pas tout à fait encore d’actualité…

 

 

 

 

Par Philippe Buisson - Publié dans : Economie
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téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

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