.

 

 

  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

Contactez moi

(Recommandez ce blog)


L'actu en image

  • 15-02-08Mme-MIT---Achille-018.jpg

Garder le fil

  • Flux RSS des articles
Lundi 27 février 2006 1 27 /02 /Fév /2006 00:00

De 1992 à 1994, j’ai passé de nombreux mois en ex-Yougoslavie dans le cadre de missions humanitaires. Je me souviens du premier de ces voyages : il s’agissait de convoyer des camions de denrées alimentaires vers des camps de réfugiés, au Nord-Est de Sarajevo, à Travnik plus précisément, en Bosnie-Herzégovine. C’était au début des actions de guérilla tous azimuts entre serbes orthodoxes et bosniaques musulmans. C’est à cette occasion que j’ai tutoyé l’horreur et l’abject des conséquences de la politique d’épuration ethnique ordonnée notamment par l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic. Sans jouer à l’ancien combattant que je ne suis pas, j’ai souvent en mémoire ces souffrances indicibles dont j’ai été le témoin.  Au cours de cette première mission, incontestablement la plus périlleuse, nous sommes restés bloqués durant une dizaine de jours à cause de violents combats, dans la poche de Mostar. Réfugiés dans un hôpital de fortune, au milieu de centaines et de centaines d’autres réfugiés bosniaques, nous avons côtoyés ces femmes systématiquement violées puis séparées de leur mari dont on devinait le sort. Je ne suis pas un expert en tactiques guerrières, loin s’en faut. Mais la guerre a ses conventions, ses règles, même les plus primaires. Là, non ! Nous étions face à un génocide organisé bien qu’il n’en avait pas encore le nom, nous en étions les témoins directs et impuissants – même les casques bleus observaient sans capacité d’intervention. Alors, cette semaine, la possible arrestation de Ratko Mladic a réveillé ces souvenirs et un espoir, celui de pouvoir affirmer qu’il ne peut y avoir, dans ce monde, de sanctuaire pour les criminels, à commencer par ceux accusés de crime contre l’humanité. Aucune excuse, aucune circonstance diplomatique ne doit faire obstacle à la comparution de ces individus devant la juridiction du Tribunal Pénal International, mis en place à cet effet. Cet outil est aujourd’hui l’une des rares lueurs d’espoir de voir le monde se doter de quelques balises acceptées et partagées communément. En outre, le T.P.I pour l’ex-Yougoslavie est dirigé par une femme d’exception – encore une, est-ce l’air du temps… ? -, Mme Carla Del Ponte, qui n’hésite pas à se délester de considérations diplomatiques qui ne sont d’ailleurs pas les siennes pour mettre l’actuel gouvernement Serbe et la communauté européenne face à leurs responsabilités devant l’Histoire en s’engageant fermement dans l’arrestation de ces supposés criminels de guerre, préalable incontournable aux négociations visant à une éventuelle intégration de la Serbie dans l’Union Européenne. C’est quand même la moindre des conditions !

Autre temps, même horreur. Cette semaine aussi, plus près de nous, la torture et les frontières de l’abominable. Ici, en France, au cœur d’une ville de notre République, Ilhan a été enlevé, torturé et mis à mort dans le silence par une bande barbare. Pourquoi ? Assurément pour de l’argent, et peut-être parce qu’il était juif. Si tel est bien le cas, et même si ce n’est que partiellement le cas, la justice doit faire son œuvre, vite, sans amalgame, avec sérénité mais avec la diligence que requiert cette effroyable affaire. Au-delà de l’éventuelle circonstance aggravante d’antisémitisme aujourd’hui retenue comme hypothèse par le Procureur, Ilhan est le martyre d’une dérive nourrie d’ultra violence et de xénophobie qui semble encore s’accélérer. Que les souffleurs de braises retiennent leur souffle, je pense en particulier à nos responsables politiques, de droite comme de gauche – j’exclus bien sûr G. Frêche de la catégorie des « responsables », le soupçonnant d’être fatigué du méninge depuis fort longtemps...- La civilisation mondiale est à la croisée de chemins et la France ne fait pas exception. Le rôle de l’Etat est de travailler sans relâche à l’agencement d’un ciment national unissant chaque citoyen de notre territoire. Aujourd’hui, ce ciment se fissure dangereusement un peu plus chaque jour.  Le rôle d’un homme d’Etat est de porter cet espoir, avec détermination, avec une force tranquille, et non à coup d’effets de manches médiatiques et de muscles sur-gonflés.

Il a fallu moins de 10 années à la Yougoslavie pour imploser. Jusque dans les années 80, le ciment de ce pays s’appelait Tito. Naturellement la France ne peut être comparée aux Balkans, les fondements de notre nation ont subi moins de turbulences, mais l’importance des hommes qui la dirigent  n’en reste pas moins fondamentale. Il me semble que c’est dans cet état d’esprit que nous devons aborder la campagne présidentielle qui va s’ouvrir.  L’enjeu est probablement moins d’élire un Président capable de baisser la TVA sur la restauration que de s’assurer qu’il saura, par gros temps, tenir le cap et l’unité d’une Nation.

Par Philippe Buisson - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Je ne vois pas bien le rapport entre l'ex-Yougoslavie et le meutre d'Ilhan Halimi.

L'ultraviolence c'est notre société permissive qui la fabrique et en particulier vos collègues PS auxquels le mot "sécurité" fait peur.

Je suis en train de lire l'ouvrage de Max Gallo qui a le même discours que vous. Pourtant je suis très étonné qu'un homme de gauche comme vous, parle de Nation... Vos collègues de gauche ne parlent ils pas de discrimination positive, et de soutiens aux communautés ?

Le "ciment national" dont vous parlez si bien, il reposera sur des valeurs... Mais ce mot fait peur, quand on ne sait même pas reconnaître des racines chrétiennes à l'Europe. N'est ce pas M. Jospin ?

Alors je trouve votre discours incohérent avec vos idées.
Désolé...
Commentaire n°1 posté par Bertrand le 27/02/2006 à 14h28

vos propos reposent sur des idées très éloignées des miennes en effet..

Quant à la discrimination positive, le débat n'est pas tranché au ps. Par contre, N. Sarkozy en est un fervent partisan !

Réponse de Philippe Buisson le 28/02/2006 à 08h57
Oui, l'explosion de la Yougoslavie devrait nous aider à prendre conscience qu'il est dangereux de mettre en avant, au quotidien, les religions et les cultures différentes ! Il y en a assez d'entendre parler de Chrétiens, de Juifs ou de Musulmans ! Nous sommes tous français et c'est tout ! Tout le reste doit rester au fond de chacun sans apparaître aux autres ! Que les autorités de l'état montre l'exemple dans les discours.
Commentaire n°2 posté par Eric Mouchet le 27/02/2006 à 15h25
absolument d'accord !
Réponse de Philippe Buisson le 28/02/2006 à 08h58
Tu as raison Philippe de parler du nécessaire ciment social à recréer mais quelles pistes originales, nous socialistes allons oser proposer?...

L'Homme est son premier et seul prédateur et il s’en trouvera toujours quelques uns pour vouloir imposer leur joug sur d’autres.

nous devons aujourd’hui retisser le «vivre ensemble» car le modèle social français est en danger.

Evidemment, la démocratie trouvera toujours devant elles des ennemis résolus, des gens passéistes et rétrogrades, des idéologies réactionnaires. Ce danger que l’on pourrait croire éloigné de nous car elle flotte sur nous depuis plus d’un demi-siècle n’est pourtant pas absent et on risque d'en prendre la mesure en 2007...

Combien de gens sont aujourd’hui laissés pour compte et peuvent être tentés de ne plus croire en la liberté des hommes comme à leur fraternité ? Nos démocraties modernes n’engendrent-elles pas un désenchantement croissant, n’envoient-elles pas des messages de fin de non recevoir à une masse toujours plus importante de la population ? Ces carences profondes ne risquent-elles pas d’anémier le cœur des hommes et de tenter certains d’entre-eux vers des retours au totalitarisme ?

la démocratie est un combat de tous les instants, elle est le sang versé des hommes par et pour les hommes. Les générations actuelles ne doivent pas oublier cela et avoir au cœur d’œuvrer pour le bien commun sans quoi notre pays, lui aussi, pourrait se rappeler de ses heures sombres.

La culture du chacun pour soi qui ne cesse de se répandre est une des causes de la fragilité de notre république et de nos institutions, elle est d’autant plus grandissante que le libéralisme s’accroît avec sa cohorte de permissivité généralisée et le rejet de toute contrainte. Le climat social est dominé par la peur (peur de l’autre, peur de l’avenir), nous rend prisonniers de l’instant et de l’émotion.

Si notre république et par la même le « vivre ensemble » sont aujourd’hui menacés c’est aussi que notre société nous pousse à l’affirmation des différences, à des réflexes identitaires ou ethniques. Afin de transcender ces cloisonnements, nous devons mener dès maintenant une politique volontariste et d’ouverture à l’égard de toutes les catégories de notre population sans exclusive, seul moyen de transformation des diversités en modes d’intégration sociale et de brassage culturel.
Commentaire n°3 posté par Yannick Serrano le 28/02/2006 à 11h10

Ça me démange...


téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés