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  • 38 ans
  • Conseiller Régional d'Aquitaine délégué aux dessertes Ter Aquitaine
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Lundi 27 mars 2006

Les lycées libournais se sont-ils lancés un challenge entre-eux, une émulation à la recherche de l’exposition médiatique nationale la plus importante ? Si le sujet de la contestation anti-CPE n’était pas aussi grave et légitime, nous pourrions le penser tant les revues de presse se nourrissent de leurs initiatives percutantes menées notamment au lycée Max Linder à Libourne et au lycée Paul Broca à Ste foy la Grande,  des actions presque avant-coureuses dans la stratégie de blocage des établissements scolaires: une page entière dans  « Libé », un direct sur RMC  mercredi pour M. Linder,  un reportage au journal de France 2 le week-end dernier pour P. Broca… J’avoue mes réserves de forme concernant ces blocages et j’aimerai que les AG délibérantes soient plus représentatives, mieux programmées pour une très large consultation démocratique. Mais, face à la logique de provocation du Gouvernement, au pari dangereux qu’il entreprend lorsqu’il spécule sur un pourrissement de ce conflit, je ne peux que comprendre les lycéens et les étudiants qui n’ont d’autre alternative que de crisper leur mouvement par le blocage réactionnaire de leur établissement. Le gouvernement depuis 4 ans, Nicolas Sarkozy en tête de toutes les surenchères, use jusqu’à la corde la rhétorique provocatrice, belliqueuse, les effets d’annonces sans lendemain, les coups de menton péremptoires. Depuis 4 années, il tente d’opposer les français entre-eux, entre communautés, entre générations, entre classes sociales, entre statuts professionnels… Aujourd’hui, c’est un rejet plein et entier qui s’exprime, celui d’une « génération précarité », qui, perdu pour perdu, veut en découdre pour solde de tout compte . La situation est préoccupante, dangereuse même ; elle ne me réjouit pas, elle m’affole tant l’impéritie de ceux qui nous gouverne s’est avérée lors de cette crise. Alors que la France s’embrase à nouveau, alors qu’il devient impérieux d’engager une réelle période de concertation avec la jeunesse de ce pays, J. Chirac, D. de Villepin et N. Sarkozy sont collectivement irresponsables, voir indignes, lorsqu’ils déterminent leurs postures personnelles uniquement par des jeux de rôle stratégiques susceptibles d’influer sur le rapport de force de leur petite chapelle respective au sein de  l’UMP .

Je suis allé à la rencontre de ces jeunes libournais pour tenter d’abord de conserver les conditions d’un dialogue entre eux et l’administration ou les autorités locales, dialogue nécessaire à la sérénité de chaque protagoniste et garant d’une meilleure sécurité des biens et des personnes. Soit dit en passant, je veux saluer le sens du devoir dont ont fait preuve les proviseurs de ces deux lycées même si, parfois, les décisions qu’ils ont été amenées à prendre ont été mal comprises ou sujettes à caution. Je les salue car j’ai eu la vive impression qu’ils étaient, dans cette tempête, des capitaines sans ordre ni consigne, largués par leurs généraux planqués aux abris d’un rectorat confortable. Lors de mes rencontres, j’ai trouvé des jeunes responsables, porteurs d’un discours structuré et politique… Et alors ? La politique n’est pas un mot abjecte, c’est au contraire une valeur sûre pour l’organisation de notre société. C’est même la seule qu’il faille promouvoir. Là où il n’y a pas de politique, c’est-à-dire là où il n’y a ni cap ni boussole ni repère, alors c’est l’individualisme qui règne, l’anarchie primitive, et pour cela, pour vivre dans cette société là, pas la peine de faire des études puisque le plus fort gagne toujours. Ce n’est plus qu’une question de muscle, pas d’intelligence ni de savoir. Alors oui, acceptons de voir la jeunesse de notre pays se politiser, c’est-à-dire avoir des opinions, les exprimer, les défendre sans nécessairement les enfermer dans des clichés puérils forcément réducteurs. Je reproche beaucoup de choses au CPE et aux dogmes qui le forgent. Mais, si je ne devais en retenir qu’un seul, c’est cette volonté délibérée de créer des salariés jetables, démunis des droits les plus sommaires comme notamment celui de se syndiquer. Car, objectivement, imaginons un jeune embauché sous Contrat Première Embauche à qui il viendrait l’idée saugrenue de se syndiquer au sein de sa nouvelle entreprise… Sa durée de vie de salarié fondrait comme neige au soleil puisque l’employeur bénéficiera d’un permis de licencier sans motiver le renvoi de son jeune employé. Alors que l’on a de cesse d’appeler à la citoyenneté, à l’action civique, à l’exercice du droit de vote, le CPE empêchera donc inéluctablement l’accès des jeunes à l’un des droits fondamentaux de tous les travailleurs des pays modernes, celui de ce syndiquer. C’est proprement inadmissible !

Mais, les lycées libournais ne se distinguent pas uniquement par l’audace de leurs combats. L’un d’entre-eux, le lycée professionnel Henry Brulle va, lui aussi, dans un tout autre domaine, devenir un lycée d’exception en Aquitaine, un établissement pilote. En effet, le Conseil Régional vient de décider, sous l’impulsion d’Alain Anziani, Vice-Président chargé du développement économique, d’expérimenter la clause sociale dans les commandes publiques régionales. En clair, pour la 1ère fois en Aquitaine, lors des travaux de restructuration du lycée H. Brulle, travaux programmés pour le début de l’an prochain, environ 5000 heures de travail ( soit environ 5% du chantier) seront réservées à des associations d’insertion pour des personnes très éloignées du marché de l’emploi. Le droit à l’égalité des chances que ce Gouvernement porte en chasuble incantatoire me semble devoir puiser ses fondamentaux plus profondément au sein de telles initiatives plutôt que dans les arcanes bien torturées d’une dénaturation du code du travail.

  

par Philippe Buisson publié dans : Politique
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Commentaires

Il n'y a pas si longtemps, lorsqu'on était papa ou maman, on voyait venir avec bonheur le moment où le fiston ou bien la fille achevait ses études, sa formation. En ce temps là, papa et maman se disaient avec fierté et aussi le désir légitime de "souffler" qu'ils allaient avoir plus de tranquillité, qu'ils allaient récupérer un peu de pouvoir d'achat, qu'ils allaient se "retrouver" un peu en amoureux comme au moment de leur jeunesse, qu'ils allaient en profiter pour retrouver des amis, voyager, l'un refaire des activités personnelles, l'autre se consacrer à son jardin ou à sa collection de timbre, maman donner un coup de jeune à la maison, papa bricoler à sa guise... Il n'y avait en ces intentions aucun désamour pour leurs "rejetons", mais bel et bien le légitime droit à s'épanouir et le plaisir du sentiment du devoir accompli...

Oui mais voilà, ce temps dont je vous parle n'existe plus depuis "quelques temps déjà"... Car à cette époque, lorsque les enfants partaient ainsi voler de leurs propres ailes, qu'ils s'inséraient dans le monde du travail, ils avaient également la possibilité de se construire, de prendre un "appart" comme on dit, de ne plus rendre trop de comptes à "papa-maman", de fréquenter tranquillement le ou la petite amie, de sortir un peu plus tard le soir sans la crainte de remarques, de recevoir des copains à l'apéro... En ce temps là, quand on trouvait un emploi, on avait de quoi vivre, payer le loyer, prendre un petit crédit pour sa première voiture (celle-là même qui permettait d'aller "bosser"), épargner un peu via un PEL ou un livret de caisse d'épargne pour préparer l'avenir et caresser l'espoir de devenir un jour propriétaire, la vie quoi, l'espoir d'un "demain"... Enfin vous savez, toutes ces choses!...

Oui, ce temps là est bien révolu! Aujourd'hui papa et maman ne sont plus tranquilles, à aucun moment la sérénité les gagne car l'arrivée de la progéniture sur le marché du travail résonne comme une incertitude supplémentaire, comme des difficultés plus grandes encore pour demain...

Car à l'époque dont je vous parle, il n'y avait pas de salariés à Bac +5 recrutés au SMIC ou cumulant des stages non rémunérés, à Bac +5 on connaissait pas le "chomdu" ; à cette époque dont je vous parle on prétendait encore qu'à Bac +2 on ne serait jamais embauché à moins de 6000 Francs par mois ; à cette époque là même avec juste le "certif" on démarrait et on pouvait s'élever par sa valeur, faire reconnaître son talent et son sérieux ; à cette époque là, même sans diplômes on pouvait se présenter chez un patron et le convaincre de nous donner une chance...

A cette époque là, on ne se faisait pas "éjecter" de la société parce qu'on s'appelait "Mamadou" ou "Rachid" ; on ne reprochait pas à un jeune (dipômé ou non) de ne pas avoir d'expérience, on lui disait "tu démarres demain, je vais t'apprendre à travailler" ; on ne vivait pas dans la crainte de devoir tout accepter pour pas perdre son emploi...

A cette époque là, les jeunes étaient ni pires, ni meilleurs que leurs parents... A notre époque, les jeunes ne sont ni pires ni meilleurs que leurs parents...

Mais vraiment, on n'est plus du tout à cette époque là... Notre époque maintenant c'est CNE et CPE, plus de CDI, pleins de stages, des CDD enchînés les uns après les autres, plus de possibilité de "prendre un appart" sans 2 mois de cautions exhorbitants et des un salaire exigé de 5 fois le montant du loyer avec en plus la garantie de "papa-maman", plus de possibilité de prendre un crédit pour la "bagnole" qui nous sert à aller travailler, l'obligation de se faire entretenir par les "vieux" ou alors la rue...

Alors je crois que comme nous ne sommes vraiment plus "à cette époque là", que l'on soit jeune ou pas jeune, diplômé ou pas, parent ou pas, salarié du privé ou du public, syndiqué ou pas, politisé ou pas, nous avons un véritable et historique intérêt à dire NON à ce désespoir qui nous est dressé en perspective commune pour tous!...

Moi, le 4 avril je serai dans la rue, pas pour revenir à cette époque là mais simplement pour dire il doit y avoir un entre-deux, mais pas ce modèle qui nous est proposé!...
commentaire n° : 1 posté par : Yannick Serrano (site web) le: 01/04/2006 16:15:10
Entre pas avoir de boulot et avoir un CPE ou CNE, je choisis le CPE/CNE.
Oui parce que sans boulot la voiture et la maison j'aurai encore moins de chance de l'avoir.
A moins que M. Buisson et ses copains m'entretiennent ou me donnent une maison et une voiture... Mais je pense qu'ils préfèrent leur voyage en jet ! De gauche avec l'argent des autres disait mon grand père !
commentaire n° : 2 posté par : Jean Louis le: 01/04/2006 22:06:19
Je laisse ce message abjecte... car il s'identifie bien à ce que je répugne... sans autre commentaire; il ne le mérite pas!
réponse de : Philippe Buisson (site web) le: 02/04/2006 18:42:11
Bonjour je m'appelle aussi Philippe Buisson j'habite dans les Yvelines et j'aime manger du jambon en jouant à la playstation. Je trouve que le cpe est une très bonne mesure pour l'emploi des vieux
commentaire n° : 3 posté par : Philippe Buisson le: 01/04/2006 23:12:22
jambon blanc ?
réponse de : Philippe Buisson (site web) le: 02/04/2006 18:43:10
Lycéenne à ML, nous sommes nombreux à être pessimistes sur la situation (Gouvernement, avenir...)

Cependant, Mr Buisson et Mr Mitterrand, nous n'apprécions pas du tout vos tentatives démagos et façiles de récupération de la jeunesse en soufflant sur les braises et je peux vous certifier que si vous continuez à souffler sur les braises, ça va trs mal se terminer sur Libourne et sa région.

Alors arrêtons la récup!!!

En espérant que ce message ne soit pas censuré

Virgine 1er L
commentaire n° : 4 posté par : Virginie le: 02/04/2006 10:43:08
Bonjour, ni Gilbert Mitterrand ni moi-même ne souhaitons "récupérer" le mouvement de contestation étudiante. Contrairement à ce qui a été dit notamment par le Député, je me suis rendu au lycée, non pas pour encourager au blocage, mais pour préserver les conditions d'un dialogue. Quant à qui souffle sur les braises, j'ai quand même plutôt l'impression que le chef de l'état a pris largement sa part de responsabilité...
réponse de : Philippe Buisson (site web) le: 02/04/2006 18:39:38
Une maison et une voiture... Quel avenir ! Quelle ambition ! Quelle intelligence !!!!! Il y a des jeunes qui sont déjà des "vieux cons" ! Ce n'est pas nouveau !
Pour la soit disant récupération sur Libourne, je ne vois vraiment pas de quoi nous parle cette lycéenne !??! De la récupération par la PEEP sur le lycée Max Linder peut-être ?!!? Dans notre société humaine, il y a des débats quotidiens. Par exemple, ce midi, autour d'un repas de famille, il va y avoir des "influences" !! Normal, non ? Cela s'appelle la démocratie !
commentaire n° : 5 posté par : Eric Mouchet le: 02/04/2006 14:40:07

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