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Il y a dix jours, lors d’un déjeuner en tête à tête, Gilbert Mitterrand m’a fait part de son intention de privilégier ses mandats locaux, à savoir Maire de Libourne et Conseiller Général, plutôt que de se porter candidat aux élections législatives programmées en juin 2007. Cette élection, en cas de victoire, l’aurait placé en position de cumul de mandats et obligé à abandonner l’un d’entres eux. Ça c’est passé comme cela, sans autre mise en scène, sans stratagème à trois bandes, et j’en fut le premier surpris.
Cette préférence affirmée pour le Libournais tord définitivement le cou à un canard bien souvent véhiculé par ses adversaires qui, faute d’autres angles d’attaque, aiment à laisser entendre que Gilbert délaisserait facilement ce territoire. Mauvaise nouvelle pour eux, Mitterrand reste fidèle à sa ville et à son canton en faisant le choix, moderne, de ne pas concourir pour un nouveau mandat national. A l’heure où beaucoup se gargarisent d’intention sur le cumul des mandats, sur le rôle des élus locaux à l’heure d’une décentralisation qui s’affirme, sur le nécessaire renouvellement de la classe politique, Gilbert met ses actes en conformité avec ses convictions. Je voulais saluer ce courage. Je dis ce courage car rien ne l’y obligeait. Certes, le calendrier des désignations internes au PS fixait le dépôt des candidatures à la candidature pour les législatives à vendredi dernier, 12 mai. Malgré ses doutes et ses réflexions, il aurait pu se porter candidat, se faire désigner pour, dans quelques mois, au regard de la situation politique nationale, au grès de son envie ou de ses intérêts, ne pas confirmer cette investiture. Ce ne fut pas très moral, mais il aurait pu… d’autres peut-être, pas lui.
Et c’est ainsi, qu’après avoir consulté les élus locaux socialistes, les responsables départementaux dont Alain Rousset et Philippe Madrelle, certains leaders nationaux, dont Laurent Fabius, j’ai décidé de soumettre ma candidature à l’appréciation des militants de cette circonscription. Cette décision n’allait pas de soi. Elle n’est pas, je l’espère, illégitime mais elle n’a pas non plus un caractère d’évidence. C’est le fruit d’une réflexion d’abord personnelle, puis concertée, et enfin d’une profonde motivation politique :
Je suis un autodidacte de la politique ce qui m’empêche probablement d’être hanté à chaque instant par un plan de carrière dessiné depuis longtemps. Non, de formation scientifique, j’ai d'abord oeuvré sur le terrain, et sur le terrain Libournais notamment, pour défendre les valeurs et les convictions de justice et de solidarité qui sont fondatrices des idéaux de la Gauche. Puis j'ai appris à comprendre cette circonscription au dessin si singulier en militant fermement pour lui construire un avenir ambitieux. J’aime passionnément ce que je fais, cette mission accomplie depuis 10 ans auprès de Gilbert Mitterrand, d’abord en tant qu’attaché parlementaire puis directeur de cabinet de la Ville de Libourne. Je connais bien ce territoire, ses atouts et ses faiblesses, et j’aspire sincèrement à être utile là, où depuis quelques années, la représentation nationale du Libournais se révèle faiblarde.
Enfin, j’avoue une motivation supplémentaire, celle d’en découdre avec Jean-Paul Garraud. Je ne porte pas de jugement sur l’homme qu’il est, sans aucun doute respectable, mais sur ses idées réactionnaires, symboles d’une dérive populiste patente de la part d’une frange grandissante de l’UMP. Battre Mr Garraud, ce sera battre un peu plus que la droite républicaine traditionnelle.
Pendant les mois qui viennent, en complicité avec Robert Provain, Maire de Ste Foy la Grande, qui a accepté d’être mon suppléant, nous allons en tandem porter cette ambition, sans agressivité mais avec force. Le divorce entre le pouvoir actuel et les français est consommé, l’autorité de l’Etat est en déliquescence, l’image de la justice est gravement entachée, le gouvernement et le parlement sont paralysés et ballottés au grès des rivalités personnelles, la représentation de la France dans le monde est ridicule. Malheureusement, plus personne ne peut contester ce bilan désastreux.
A ceux qui en sont responsables d’assumer et de rendre des comptes au plus vite devant le peuple français.
Face à ce délitement, le temps d’une espérance est venue. Les élections présidentielles puis législatives doivent être l’occasion de tourner la page de ce régime de crises et de poser les termes du débat de société dont notre pays a besoin. On nous promettait l’ordre, on a la chienlit sociale, économique et morale. Si Robert et moi sommes désignés par les militants le 14 juin prochain, nous serons fiers de porter les couleurs de cette espérance.
téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la
fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf
Vous dites : "Enfin, javoue une motivation supplémentaire, celle den découdre avec Jean-Paul Garraud. Je ne porte pas de jugement sur lhomme quil est, sans aucun doute respectable, mais sur ses idées réactionnaires, symboles dune dérive populiste patente de la part dune frange grandissante de lUMP."
Un homme n'est-il pas jugé sur ses idées ? Pas sur son physique quand même ?
Attention au "politiquement correct" !
florence fournil
Stéphane