Par les temps qui courent, c’est une info presque événementielle qui a manquée d’être évoquée: le parlement a fait valoir son pouvoir d’autonomie face au gouvernement ! Oui, oui.. La semaine dernière, les députés ont adopté, à l’unanimité mais contre l’avis du gouvernement, un amendement déposé par le socialiste de Dordogne, Germinal Peiro, visant à créer un crédit d’impôt pour la récupération des eaux pluviales. Certes, la mesure peut paraître symbolique, voire anecdotique. Pourtant, elle évoque un sujet éminemment important, celui de la gestion de l’eau, un des enjeux considérables pour l’humanité, et nous sommes en partie l’humanité. C’est d’ailleurs dans cet esprit citoyen que, depuis 2004, à Libourne, la municipalité encourage la récupération des eaux de pluies en subventionnant les particuliers qui font l’acquisition d’une cuve de récupération. Cet amendement viendra donc amplifier la démarche initiée ici par une centaine de Libournais qui ont d’ores et déjà mis en œuvre ce dispositif à leur domicile ( il s’agit de récupérer l’eau des gouttières dans une cuve et de réutiliser cette eau pour l’arrosage par exemple). Bien sûr, la route est encore longue pour une prise de conscience généralisée face à une réelle menace de pénurie, quoi que la sécheresse de ces dernières années fait œuvre de pédagogie accélérée. La route est longue lorsqu’on se navre que même pour la Ministre de l’Ecologie, la très charismatique Nelly Olin, l’enjeu ne semble pas très affirmé puisqu’elle a été la seule, dans l’hémicycle de l’Assemblée, à s’opposer à cet amendement qui ne devrait pourtant pas chambouler gravement les finances de l’Etat. Bon, il faut bien avouer qu’ avec ce gouvernement nous ne sommes plus à une ineptie près ; je pense que le temps viendra où il fera l’objet d’études approfondies de la part de chercheurs qualifiés en analyses politiques anti-conformistes pour déterminer la quintessence de son œuvre et la subtilité de ses positions qui sont aujourd’hui incompréhensibles pour le vulgus pecus... mais qui sait…
Plus sérieusement, il est pourtant urgentissime d’adopter une politique courageuse et mondialisée de la gestion de l’eau, sur sa raréfaction, sa pollution ainsi que sur les modes de gestion de ce service public. J’ai collaboré, il y a quelques années, auprès de Danielle Mitterrand, co-fondatrice de l’Association pour un Contrat Mondial de l’Eau ( A.C.M.E), qui plaide notamment pour faire reconnaître l’eau comme « bien commun de l’humanité » et faire inscrire dans le droit international l’accès à l’eau potable pour chaque individu. Considérant que c’est un besoin vital qui nécessite une répartition plus équitable, Danielle va même plus loin en défendant l’objectif que chacun puisse bénéficier d’une certaine quantité d’eau potable gratuite par jour, environ 40 litres par jour et par individu. A l’occasion du sommet international sur l’eau en 2004 à Genève, elle m’avait sollicité pour réaliser une étude sur la faisabilité de mise en œuvre d’une telle mesure sur une ville comme Libourne. Ces travaux révélaient quelques freins techniques ou législatifs mais montraient la possibilité, à terme, d’atteindre cet objectif au moins au sein des collectivités qui souhaitaient s’y engager. Car, au-delà des mesures de préservation de la ressource, la gestion de l’eau et les modalités de sa mise à disposition auprès de nos concitoyens posent aujourd’hui de plus en plus de questions évidentes. Alors que son accès est de la responsabilité des collectivités locales depuis la Révolution Française, ce bien vital, essentiel et indispensable à la vie tout simplement, est géré par le privé dans 60% des communes française et dessert 80% des usagers . Cet état de fait doit être remis en cause, à Libourne y compris, même si dans notre commune nous bénéficions du prix de l’eau le moins cher de Gironde. Le mode de gestion de ce service public parmi les plus précieux fera incontestablement l’objet de débats lors des prochaines échéances électorales, municipales notamment. A Libourne où la délégation de service publique s’achève prochainement, l’éventuelle re-municipalisation de l’eau sera l’un des sujets phares au cœur de la campagne.
Préserver un bien vital et organiser sa répartition équitablement dans une commune ( ou une communauté de commune), voilà un beau sujet auquel les candidats devront forcément répondre avec l’ambition de la responsabilité. Beau sujet de clivage politique probablement… Pendant ce temps, à Libourne, on récupère un peu plus qu’ailleurs les eaux de pluies…
Commentaires
une victoire donc, mais encore plein de combats ;-)
La ressource en eau étant mal répartir sur le territoire et sur l'année il est du devoir politique de faire ce travail de gestion globale de l'eau pour mieux disposer des potentialités de l'eau .
La gestion globale de l'eau c'est un concept de répartition permettant de préserver et de répartir la ressource .
http://perso.wanandoo.fr/biefs.dupilat/


