
Face à la situation de cette famille, de nombreux acteurs associatifs se sont engagés dès qu'ils ont eu connaissance de l'action des autorités étatiques à l'encontre de cette famille: Ligue des Droits de l'homme, FCPE, FSU, Réseau éducation sans frontières, etc.
Monsieur le Président de la République,
Par cette lettre et compte tenu de l’urgence et de la gravité de la situation vécue aujourd’hui par une famille libournaise, j’en appelle directement à votre autorité comme à votre humanité.
Jeudi 12 mars 2009, l’enfant Vedat BINGÖL BALLI, âgé de sept ans, est arrivé à son école accompagné d’un policier. Cette scène a marqué les esprits des personnels de l’éducation, des parents et enfants présents. Informé de cette action de la Police Nationale, j’ai appris que les parents de Vedat, Madame et Monsieur Adalette et Farouk BINGÖL, sont soumis à une mesure d’expulsion du territoire français à compter du 17 mars 2009, soit dans cinq jours.
D’origine Kurde, Monsieur et Madame BINGÖL ont fui la Turquie et ont fait plusieurs demandes de droit d’asile sans résultat à ce jour.
Jeudi matin, donc, des agents de police se sont présentés au domicile de la famille afin de lui signifier l’échéance prochaine de l’obligation de quitter le territoire français. Pour ce faire, les parents ont été amenés au Commissariat de Police, un agent se chargeant pendant ce temps d’amener Vedat à son école.
Je suis très inquiet du sort réservé à cette famille et tout particulièrement de celui des deux enfants : le petit Vedat, scolarisé depuis plus d’un an dans un établissement de la ville de Libourne où il suit une scolarité sans problème, et son petit frère, Enès, né en mai 2008 sur le territoire libournais, donc national.
Faisant référence à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, ratifiée par la France en 1989, selon laquelle tout enfant bénéficie d’un droit inaliénable à être scolarisé, je vous demande, avec l’ensemble des acteurs mobilisés et mes concitoyens libournais, de tout mettre en œuvre pour que cet enfant puisse poursuivre sa scolarité à Libourne dans des conditions normales, au sein de sa famille et, par conséquent, de surseoir, dans l’attente d’une solution administrative favorable aux intérêts de cette famille, à toute procédure en cours.
Je vous remercie de la prise en considération urgente de cet appel de détresse et vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de ma haute considération.
Gilbert MITTERRAND
Vice-Président du Conseil Général
de la Gironde
Maire de Libourne
téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la
fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf
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