Partager l'article ! le candidathon: Les cartes s’abaissent de part et d’autre dans le jeu du candidathon. A l’instar d’une course de demi-fond &ag ...

Les cartes s’abaissent de part et d’autre dans le jeu du candidathon. A l’instar d’une course de demi-fond à l’approche du tintement de la cloche signifiant le dernier tour de piste avant l’arrivée, la semaine fut propice en coup de coudes et autres crocs en jambes de repositionnement dans la stratégique procédure de désignation pour les présidentielles. Jospin explique la subtile nuance sémantique qui existe entre le mot « retrait » et celui de « retraite » en s’inquiétant de ne pas voir se dégonfler la bulle médiatique et affective en faveur de Ségolène, DSK s’agace de s’être fait voler la vedette par son ex-mentor, Villepin annonce son retrait et son soutien conditionnel à Sarkozy qui n’en demandait pas tant, Besancenot douche froidement ceux qui espéraient un candidat unitaire à l’extrême-gauche considérant naïvement que ces partis étaient dénués d’ambitions personnelles, Chirac fait mine de ne pas être hors course en préservant au moins un pouvoir de nuisance au sein de son propre camp, Le Pen tacle méchamment Sarkozy pour tenter de sauvegarder son pré-carré électoral, et … les verts vont revoter….
Durant ce temps, je vous l’ai déjà dit, je demeure invariablement et sereinement fidèle à Laurent Fabius, non pas par fabusiomania irraisonnée mais, sans céder à l’appel des girouettes tournant au grès des vents des sondages, uniquement parce qu’il m’apparaît être l’un de ceux à avoir incontestablement la capacité à remplir la fonction présidentielle. Elle s’ancre dans un amalgame d’idées et de tempérament alliant une vision pour la France, une résistance incroyable à l’épreuve et une volonté quasi-mitterrandienne à accéder à cette présidence suprême. Et donc, au moins pour ces raisons, en dépit des sondages qui, selon son propre mot, ne sont pas des suffrages, je reste un soutien actif et tranquille à sa candidature.
S’il gagne cette désignation, j’en serai plus que satisfait, mais s’il la perd, sans fausse note je soutiendrai avec la même énergie notre candidat socialiste, même si je rajoute un espoir intime, celui qu’il s’agisse également d’un(e) candidat(e) incarnant un renouveau, moderne, ancré dans l’action, ancré dans son temps.
Quoi qu’il en soit, il est incontestable que Laurent est précieux au débat politique en général, au débat socialiste en particulier. Pour ceux qui en douterait pour d’obscures aversions, le programme socialiste s’est largement inspiré de ses propositions ce qui me semble être une reconnaissance naturelle de la qualité de sa pensée : relance du pouvoir d’achat par l’augmentation du Smic à au moins 1500 euros, respect de construction de 20% de logements sociaux, répartition des médecins sur l’ensemble du territoire, renationalisation d’EDF, etc…
Laurent Fabius sera à Libourne, ce lundi 3 juillet. Nous visiterons ensemble, avec Gilbert Mitterrand, le centre d’hébergement d’urgence géré par l’association « le lien » et nous rencontrerons son conseil d’administration afin de cerner les difficultés financières grandissantes de ces structures. Il est proprement scandaleux que la question de l’hébergement des démunis soit largement gérée par l’Etat à travers uniquement un plan média, comme ceux qui accompagnent la mise en place des dispositifs grands froids par exemple, alors que dans le même temps les budgets annuels destinés au logement d’urgence stagnent ou diminuent. Ainsi, Le Lien est en capacité d’héberger des familles en période hivernale mais rencontre de grosses difficultés financières dès fin mars, comme si la pauvreté s’arrêtait au printemps. C’est au travers de ces rencontres de terrain qu’un projet présidentiel et législatif se bâtit, confronté aux réels problèmes du pays. Le logement sera sans conteste l’un des enjeux primordiaux de cette échéance. J’en ferai pour ma part l’un de mes thèmes de campagne pour dire et redire que le logement doit être un droit pour chacun. J’assumerai cette ligne de clivage avec ceux qui jugent infréquentables nos concitoyens indigents, ceux qui n’ont comme seule intention que de cacher cette misère qu’ils ne sauraient tolérer à leurs portes. Devant celles des autres, à la rigueur, ils veulent bien.
Travailler, rencontrer pour comprendre. C’est cette ambition qui a motivé l’organisation de cette visite avec Laurent Fabius. Ce n’est pas un temps de campagne électorale, c’est un moment d’immersion au cœur des faiblesses de notre société. Combler la fracture sociale n’était que le slogan de campagne de J. Chirac; il appartient aujourd’hui à la gauche de proposer un projet crédible à la hauteur de cet objectif.
L. Fabius, G. Mitterrand et moi-même lors de notre visite du
centre d'hébergement du Lien, le 3 juillet 2006
téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la
fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf
Commentaires