Partager l'article ! pour des médecins sans frontières !: A l’heure où notre population vieillit et où l’organisation du territoire national do ...

A l’heure où notre population vieillit et où l’organisation du territoire national doit prendre en compte les tropismes de nos concitoyens toujours plus orientés vers les villes et vers le sud, la question de la démographie des professionnels de santé se pose ardemment pour notre société. Avec ce constat paradoxal : le nombre de médecins n’a jamais été aussi important en France ( même s’ il faut continuer à desserrer les numerus clausus) et pourtant, dans le même temps, les disparités entre les régions françaises d’abord, entre des territoires d’une même région ensuite, ne cessent de s’accroître. Ce signal d’alarme est officiel puisque c’est le ministère de la santé lui-même qui le tire avec cette conclusion sans appel : « ces disparités attestent d’une inégale répartition des professionnels de santé sur le territoire qui ne permet pas toujours de garantir un égal accès aux soins de proximité à l’ensemble des usagers du système de santé ».
Au regard de la qualité de vie en Aquitaine, en Gironde en particulier, nous pourrions penser être à l’abri de telle tendance de désaffection d’implantations de médecins généralistes. C’est généralement vrai sauf pour quelques exceptions dans notre secteur notamment. En effet, l’étude conduite par la Mission Régionale de Santé d’Aquitaine, rendue publique cet été, démontre que 13 communes du Libournais situées aux alentours de Gensac, sur les cantons de Pujols/Dordogne et de Ste Foy la Grande, sont classées « zones déficitaires » en médecins généralistes ( il y a plusieurs critères pas forcément cumulés : moins de 3,4 médecins pour 5000 habitants – la moyenne française est d’environ 1 médecin pour 1000 habitants-, un niveau d’activité de ces médecins très élevé et souvent supérieur à 6300 actes/an, un nombre de médecins dont l’âge est supérieur à 55 ans). Une quinzaine d’autres communes du Libournais ( Fronsac, le canton de Pellegrue, la commune de Pïneuilh et ses alentours) sont, elles, classées en « zone fragile », c’est à dire un secteur dont la démographie des médecins devra faire l’objet d’une surveillance attentive.
Avec Laurent Fabius, j’ai soutenu un amendement lors des débats internes au PS lors de la préparation de notre projet présidentiel. Nous proposions que pendant les 5 premières années d’exercice de sa profession, tout médecin débutant soit tenu de respecter l’équilibre du territoire dans le choix de son lieu d’installation au risque, dans le cas contraire, de se voir refuser son conventionnement à l’assurance maladie. Ce dispositif existe d’ailleurs déjà dans certains pays européens, en Allemagne notamment.
Bien entendu, cette proposition fut accueillie fraîchement par les syndicats de médecins. Pourtant, on ne pourra pas continuer très longtemps à aborder les problèmes liés à la politique de santé publique par des esquives conciliantes. Nous devons former plus de professionnels de santé par une politique universitaire adaptée mais nous devons aussi mieux définir les missions obligatoires devant être assurées par la médecine dite libérale, notamment par les généralistes. Il y a bien d’autres secteurs soumis à loi du marché qui sont pourtant réglementés par l’Etat en ce qui concerne leur possibilité d’implantation à commencer, par exemple, par les pharmacies qui doivent respecter un certain maillage territorial.
Quoi qu’il en soit, il faut saluer le travail réalisé par l’Agence Régionale Hospitalière mettant en évidence ces carences importantes.
Face à ce constat, il faut maintenant indiquer des choix clairs de politique de santé publique pour pouvoir assurer à chacun de nos concitoyens une qualité de prise en charge médicale à peu près identique quel que soit son lieu de résidence. La médecine ne peut pas devenir un bien banalisé et le patient ne doit pas être réduit au seul rôle d’un « consommateur de soins ». Le médecin libéral assume pour le compte de la société une mission de service public de première importance. Cette mission ne se limite pas à la prescription d’actes ou de médicaments, c’est aussi un lien social précieux. Il doit être rémunéré pour l’étendue de cette fonction mais il doit en accepter l’ensemble des contraintes, y compris celles de devoir assurer une présence médicale dans des territoires excentrés. L’inégalité face aux soins est l’une des inégalités les plus insupportables. Dans le secteur de Pujols/Dordogne et du pays Foyen, après avoir souffert pour sauvegarder une présence hospitalière de proximité, nous devons désormais faire en sorte de gagner ce nouveau combat.
téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la
fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf
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