Partager l'article ! Rentrée politique: Les larmes d'un éléphant et l'indécence d'un prince: La Rochelle est un peu aux socialistes, ce que Libourne est aux arts de la ...

La Rochelle est un peu aux socialistes, ce que Libourne est aux arts de la rue. Chaque fin d’été, c’est le rendez-vous traditionnel des militants avec sa programmation officielle et ses événements « off ». Cette année, il y avait encore un peu plus de monde qu’habituellement, plus de militants, plus de journalistes aussi puisqu’on dénombrait plusieurs centaines d’accréditations « presse », signe tangible qu’il se passe quelque chose autour et au sein du Parti Socialiste. J’en étais et j’ai aimé ces trois jours. En fait, n’en déplaise à ceux qui attendaient des escarmouches, l’ambiance était plutôt sereine. Aucune agressivité, aucun sifflet pour personne. Non, chacun connaissait les règles et les enjeux : Ne pas fragiliser le parti et, au-delà du parti, la gauche toute entière pour offrir aux français une possibilité d’alternance le 6 mai 2007.
Le temps fort restera incontestablement ce moment compassionnel où Lionel Jospin s’est humanisé aux larmes, les larmes d’un éléphant qu’on disait au sang froid. Il était en dette d’une explication auprès des militants et de l’électorat socialiste sur sa décision contestable au soir du 21 avril 2002. Contestable sur le fond bien sûr, mais dans mon propos, contestable surtout sur la manière dont il l’a pris, seul, sans conseil, jouant perso comme si la politique n’était pas une entreprise d’équipe, sans même en référer au 1er secrétaire. Non, ce fut incontestablement une erreur caractérielle d’un homme qui, à l’époque au moins, ne s’estimait à sa juste valeur. 4 ans après, revenir sur cet épisode était nécessaire au moins pour cet exercice de repentance qu’il devait à la gauche. A t-il pour autant fait bouger les lignes et créer le souffle capable de le positionner favorablement pour une nouvelle candidature. Je ne le crois pas. La France et le PS ont appris à vivre sans lui ; et même Ségolène qu’il avait sans doute espéré user comme lièvre de luxe dans cette course à la désignation semble peu enclin à s’effacer, et c’est un euphémisme. L’autre enseignement de La Rochelle, c’est d’ailleurs cette colère qui habite Lionel Jospin lorsqu’il observe le parcours de celle qu’il pensait supplanter aisément au point que certaines alliances ne sont plus à exclure entre lui et DSK par exemple. Laurent Fabius a quant à lui traversé ces universités à sa manière, sereinement, parlant du fond, sur sa ligne et sûr de sa ligne.
Pour les socialistes girondins, l’important était aussi de se retrouver pour préparer prématurément les municipales bordelaises. Vous le savez, Alain Juppé a décidé de redevenir maire de Bordeaux et, tel un prince, a exhorté son conseil municipal à démissionner pour lui permettre ce retour aux affaires. Bon, nous serions au début d’un mandat, je peux penser que, même si elle n’est pas très digne, cette manœuvre aurait pu être humainement légitime. Mais là, il n’en est rien. L’ensemble des municipales aura lieu très probablement dans un an, en septembre ou octobre 2007. La droite toujours prompte à donner des leçons en matière de gestion des fonds publics va donc provoquer, pour sa seule convenance, sans aucun intérêt pour les bordelais, des élections anticipées qui coûteront aux contribuables plusieurs centaines de milliers d’euros. Lorsqu’on connaît l’impécuniosité de l’Etat, les coupes sombres budgétaires qui rognent bien des dispositifs sociaux, une économie française flageolante, un pouvoir d’achat en baisse pour nos concitoyens, abuser des fonds publics de cette façon est absolument indécent !
La réponse devra donc être la sanction électorale. Pour cela, il faudra aligner une liste de gauche crédible, réunie, sans complexe et capable de mobiliser notre électorat. Cette élection, qui devrait se dérouler fin octobre, dépassera largement les frontières médiatiques de Bordeaux. C’est donc une responsabilité supplémentaire qui nous incombe, celle de ne pas faire de Bordeaux le tremplin électoral de la droite. Aucun combat n’est perdu tant qu’il n’a pas été mené. Je connais bien les rapports de force politiques bordelais – j’ai mené bien des campagnes pour Gilles Savary puis Michèle Delaunay – et je mesure qu’ils ne nous sont pas favorables. Mais là aussi les lignes bougent, à chaque élections cantonales des cantons nouveaux tombent à gauche, aux européennes et aux régionales les listes de gauche étaient largement en tête. Il faut donc avoir le sens de la victoire et se battre pied à pied pour faire du retour de Juppé non pas une formalité mais au contraire, en profiter pour acter les bases d’une reconquête de la gauche, ici puis ailleurs. Pour qu’Alain Juppé connaisse à son tour les affres des combats électoraux jugés faciles et pourtant… finalement perdus.
téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la
fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf
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