Lundi 2 octobre 2006
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Plus de 420 00 000 tonnes de pneus finissent chaque année, en France, en décharge, soit environ l’équivalent de 30 tours Eiffel. Seuls 20 % seront réutilisés après rechapage ( procédé qui consiste à changer la bande de roulement ) et cela concerne essentiellement les pneumatiques des poids lourds. Les autres, c’est-à-dire pour la plupart les nôtres, iront gonfler les décharges spécialisées, plus ou moins sauvages, plus ou moins bien gérées, qui parsèment le territoire national.
Ainsi, à Espiet, village tranquille du canton de Branne, des milliers de tonnes de pneus dorment sur un terrain vague dans l’attente d’une très hypothétique valorisation. Il ne s’agit pas à l’origine d’une décharge sauvage mais c’est la conséquence du dépôt de bilan d’une entreprise qui n’a pas survécu à la dure loi d’un marché peu rentable, celui du recyclage.
Il faut dire que la composition d’un pneu ne se limite pas à du caoutchouc ; il est composé aussi de métaux lourds, d’acier, d’oxyde de zinc, ou encore de soufre. Son recyclage peut être multiple mais il n’est pas aisé : il peut d’abord subir une valorisation énergétique, c’est-à-dire être utilisé comme combustible dans des cimenteries par exemple, mais la présence de ces fameux métaux lourds est un frein important à ce procédé.
Il peut ensuite être recyclé sous forme de revêtement routier, de terrains de sports pour enfants, de matériaux d’isolation ou bien encore de tapis de souris d’ordinateur.
Mais bien entendu, comme tout ce qui concerne le développement durable, la notion de rentabilité ne saurait être le moteur de cette filière. Les constructeurs de pneus doivent mettre la main à la poche et peut-être même l’Etat. Car si les pneus usagés ne sont pas considérés comme des déchets dangereux, ils représentent malgré tout un réel danger pour l’environnement et la santé des riverains en cas d’incendie. Au-delà de la disparition de cette horrible verrue, c’est bien cela qui inquiète légitimement les habitants d’Espiet. Après avoir pris note, cette semaine, de l’intérêt manifesté par notre ministre de l’écologie, Mme Nelly Olin, pour faire disparaître le fléau de ces stocks de pneus, j’ai quand même préféré saisir le Préfet de Région pour appeler l’intervention financière de l’Etat en vue d’assainir cette décharge Libournaise. Car sinon, qui va payer ? Sûrement pas les actifs de l’entreprise liquidée, il n’y en a aucun. Une entreprise de recyclage spécialisée ? La presse nous a appris cette semaine que la société Aliapur regroupant les grands manufacturiers tels que Dunlop, Michelin ou Continental était en passe de jeter l’éponge face à l’étendue du volume de pneus à évacuer.
Non, la seule solution capable de répondre avec diligence à ce problème écologique passe par un engagement de l’Etat à financer par substitution le recyclage de ces décharges orphelines. Le risque écologique et sanitaire d’Espiet doit aujourd’hui être écarté sans délai. L’Etat serait pleinement dans son rôle de garant de la sécurité et de la santé publique quitte à engager, le cas échéant, des recherches ultérieures pour identifier les responsables et leur faire payer l’addition. L’écologie c’est nettoyer la planète par des actions de prévention mais aussi par des opérations de réparation. Là, c’est le cas, il y a urgence. Penser global, mais agir local...
Le sujet que vous traitez cette semaine est bien réel, c'est la déclinaison locale d'un problème bien global. Le développement durable est un enjeu sinon l'enjeu premier de ce XXIe siècle. Je me réjouis des premières propositions faites par M. Fabius à ce sujet et espère qu'elles seront à l'origine d'un grand débat sur l'environnement lors des élections présidentielles et législatives.
Enfin, je profite de ce mél pour vous signaler l'ouverture de mon blog, citoyen avant tout? dont l'adrese est la suivante : http://www.un-libournais.net
Descurieux Thierry
http://www.greengum.net
0032(0)494 11.94.23