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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Lundi 13 novembre 2006 1 13 /11 /Nov /2006 12:04

Voici quelques semaines, j’exprimais ici ma volonté d’engager une large réflexion sur la viticulture en général, sur la réhabilitation de la civilisation du vin en particulier.

Passage à l’acte : Ce lundi, j’ai pris l’initiative de réunir l’ensemble des représentants de la filière viticole du Libournais afin d’évaluer les tendances actuelles du marché, d’entendre les craintes des professionnels vis à vis des orientations très libérales contenues dans le projet de réforme de l’OCM-vin ( texte qui organisera le marché du vin en Europe), et de tester quelques propositions susceptibles d’être mises à l’ordre du jour des débats électoraux de 2007.

Je vous livre donc quelques pistes pour lesquelles j’ai un a priori favorable et que j’entends défendre auprès du candidat socialiste à la présidentielle :

 

Je suis favorable à l’utilisation des copeaux de bois dans les vins. J’avoue ne pas comprendre le débat qui actuellement électrise le microcosme viticole sur cette possibilité autorisée par l’Europe et bloquée par l’INAO. Depuis des années la plupart des viticulteurs bordelais ont pris l’habitude de boiser leurs vins pour répondre notamment aux saveurs recherchées par le marché mondial. Jusqu’alors ce procédé nécessitait l’élevage du vin en barriques pour un prix de fabrication relativement onéreux ( le prix d’une barrique en chêne étant de l’ordre de 500 €). Mettre en contact le vin avec du bois non plus par le truchement de ces barriques mais par l’apport de copeaux de chêne, infiniment moins coûteux, ne me semble en rien porter préjudice à l’âme de la viticulture. Par contre, cette technique permettrait sans doute d’abaisser sensiblement le coût de production et donc de rendre les prix de commercialisation de nos vins bien plus compétitifs. En outre, rien n’obligera bien entendu les tenants de la tradition- et probablement parmi eux les plus grands crus- à conserver le vieillissement en barriques à l’instar des vendanges à la main qui ne se pratiquent plus aujourd’hui que pour quelques vins prestigieux.

 

Je suis favorable à ce que les pouvoirs publics interviennent financièrement pour accélérer la recherche sur les techniques de désalcoolisation du vin. Au moment où les campagnes de préventions contre la consommation abusive d’alcool se multiplient avec juste raison, il est paradoxal que les vins bordelais deviennent de plus en plus alcoolisés, dépassant régulièrement 13° d’alcool alors qu’ils avoisinaient 11° au milieu du siècle dernier. C’est un sujet qui me semble éminemment important pour démontrer la capacité des professionnels du vin à adopter une attitude responsable vis à vis d’une politique de santé publique indiscutable.

 

Je suis favorable à la création d’une option « œnologie » pour les bacs généralistes, au même titre qu’il existe des options « danse », «  arts plastiques » ou autres. Apprendre aux plus jeunes à découvrir ce patrimoine et à apprécier nos vins ne signifie pas les inciter à devenir alcooliques. Au contraire, notre jeunesse consomme toujours plus d’alcools forts et, dans le même temps, toujours moins de vin. Il faut réapprendre la culture du vin et l’assumer. En outre, dans les lycées viticoles ou les lycées hôteliers, les élèves s’initient déjà à la découverte et à la consommation du vin sans que pour autant ces formations génèrent des bataillons d’avinés. Je préfère là encore et de loin l’éducation à la prohibition.  

 

Je suis favorable à l’autorisation d’émettre de « Wine Tv », cette chaîne consacrée à la promotion des vins et qui est interdite de diffusion en France alors même que nous sommes le producteur emblématique mondial de ces produits. Cette anomalie doit être corrigée quitte à amender la législation pour le permettre, à la condition aussi d’exclure tous les alcools forts de ces émissions.

 

Bien d’autres mesures seront bien entendu nécessaires à la sortie de crise de la viticulture, je pense notamment à la pérennisation des avantages liés à l’arrachage  de certaines parcelles pour limiter la surproduction, je pense aussi à l’interdiction de créer superficiellement de nouveaux pays producteurs de vin, comme les pays du nord de l’Europe, à l’inverse de ce que suggère actuellement le texte de l’OCM-Vin. Mais ces mesures concrètes me semblent symboliques d’une société française qui assumerait sa culture et son terroir sans confondre enfin, dans une réprobation générale, les vins et les alcools forts.
Par Philippe Buisson - Publié dans : Philippe Buisson
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téléchargez la lettre signée par Gilbert Mitterrand, Alain Rousset, Philippe Madrelle et Yves Ratel concernant la défaillance de l'Etat suite à la fermeture de l'Ecole de Sous Officier de Gendarmerie : http://www.ville-libourne.fr/fileadmin/utilisateurs/Redacteur/documents/Lettre_au_Prefet_2_juillet_2009.pdf

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