Mardi dernier, le groupe UMP a refusé de débattre d’une proposition de loi visant à lutter contre les délocalisations. Je ne dis pas refuser de la voter… je dis bien refuser d’en débattre !
Pourtant le lendemain, les mots de certains députés de droite rivalisaient de tendresse et de compréhension à l’égard des manifestants travaillant dans ces industries textiles promises à une délocalisation, dont Arena, manifestants qui appelaient l’attention des parlementaires en pique-niquant devant l’Assemblée Nationale. Comprendra qui pourra…
Pour ma part, à la demande de l’intersyndicale, j’ai souhaité organiser une rencontre entre une délégation du personnel de l’entreprise Libournaise et Ségolène Royal.
Bien entendu, personne n’est dupe, il ne s’agissait pas d’imaginer un seul instant que cette réunion permettrait une sortie de crise et un maintien d’ Arena en Gironde par la simple volonté de la candidate socialiste. Elle n’en a naturellement pas le pouvoir aujourd'hui.
Non, il s’agissait de satisfaire l’objet même de la requête des manifestants à savoir la prise en considération de leurs difficultés par ceux qui aspirent à nous gouverner dans les prochaines années.
Je lis actuellement que Ségolène à tort d’écouter sans proposer. Je pense au contraire qu’écouter en ayant déjà verrouillé son programme serait irrespectueux de cette démarche. La campagne est encore longue et les français ne veulent plus des promesses élaborées par des technocrates qui ne tiennent pas compte de la vie des gens. Le temps des propositions arrive mais il ne peut anticiper le temps de la concertation sans fouler aux pieds le principe même de cette phase d’écoute de nos concitoyens.
Ca détonne, c’est certain. Mais c’est sur ce thème que les militants socialistes ont désigné Ségolène pour être notre candidate et, aujourd’hui, j’accepte de croire en ce choix d’un fonctionnement rénové de la Politique.
Je sais par exemple que l’heure passée entre Ségolène et cette trentaine d’ouvrières d’Arena inspirera le programme de notre candidate.
Nous allons d’ailleurs, grâce à cet échange, tenter une expérimentation en Aquitaine, si l’Etat et l’entreprise Arena en sont d’accord, celle de la mise en œuvre d’un dispositif de sécurité sociale professionnelle. Il s’agira de préserver la rémunération et le contrat de travail de ces ouvrières durant le temps de leur reconversion. Leur salaire serait alors honoré par la mutualisation des aides émanant de l’Etat ( l’ANPE et les ASSEDIC), de la Région et de l’entreprise. Ces dispositions ont d’ores et déjà été mises en applications par Ségolène Royal en Poitou-Charentes lors d’un plan social similaire.
Voilà une piste concrète de travail et d’innovation sociale susceptible d’être généralisée par voie législative mais qui doit faire l’objet dès à présent d’ expérimentations locales et je suggère que nous puissions défricher cette piste ici à Libourne.
La France des puissants doit apprendre à écouter le peuple et à travailler avec lui. Nous ne sommes pas un pays caporalisé au sein duquel la bonne parole vient forcément d’en haut pour une mise en application autoritaire à la base.
Une nouvelle méthode politique, plus ambitieuse mais plus compliquée, est en cours de conception. C’est celle choisie par le PS, celle d’écrire les réformes avec les français et non simplement leur affirmer de manière jacobine ce qui est bon pour eux.
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