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  • 38 ans
  • Vice-Président du Conseil Régional d'Aquitaine en charge des Ter
  • Adjoint au Maire de Libourne en charge des politiques de proximité et de la tranquilité publique. 
  • Ex-Directeur de Cabinet de Gilbert Mitterrand
  • Membre du Conseil National du PS
  • Secrétaire de la section du PS de Libourne

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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 18:02

C’est en 1910 à Copenhague, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, qu’a germée l’idée d’un journée internationale des femmes. L’année suivante, soit en 1911, la Journée internationale des femmes est marquée pour la première fois, occasionnant des manifestations impressionnantes dans un grand nombre de pays d’Europe et aux Etats-Unis. La date est le 19 mars en commémoration de la révolution de 1848 et de la Commune de Paris. Déjà il y a un siècle, outre le droit de vote et le droit d’occuper des fonctions publiques, les femmes exigeaient le droit de travailler et l’élimination de la discrimination au travail.

C’est en 1977 que l’ONU adopte une résolution pour inviter chaque pays de la planète à consacrer une journée à la célébration des droits des femmes. Le 8 mars est ainsi devenu cette journée de reconnaissance dans de nombreux pays, en France notamment à partir de 1982 sous l’égide du gouvernement de Pierre Mauroy qui créé le 1er ministère des droits des femmes dans notre pays, en y nommant à sa tête une farouche militante de la cause féministe Yvette Roudy.

Aujourd’hui le combat en faveur des droits des femmes se poursuit âprement. Il est plus que jamais un combat d’actualité.

Demain, 8 mars 2007, cette date se situera au beau milieu de la campagne présidentielle mettant un éclairage nécessaire sur un sujet qui doit trouver une place plus importante au cœur de ce débat démocratique. Car en France les inégalités entre hommes et femmes sont légion, les réflexes sexistes ne le sont pas moins.

En outre, les quelques victoires obtenues de haute lutte sont toujours fragiles. Je veux prendre en exemple le cas de l’avortement. Trente ans après l’adoption de la loi courageuse portée par Simone Veil, les femmes doivent toujours se battre pour conserver le droit à l’IVG face à des attaques constantes des lobbies anti-avortements qui trouvent parfois même des relais pernicieux au sein de notre Parlement. Bien sûr qu’en disant cela je veux revenir un instant sur l’un des amendements les plus contestés de la législature qui s’achève, amendement qui était porté par notre Député : il y a quatre ans, dans la nuit du 19 au 20 mars 2003, mettant à profit le vote de la loi Perben sur la criminalité (dont on se demande encore ce que l’amendement avait  à voir avec le texte étudié), Jean-paul Garraud a fait adopter, je dis bien adopter, en catimini par l’Assemblée un amendement créant le délit « d’interruption involontaire de grossesse ». Il voulait ainsi permettre la condamnation d’un chauffard ayant causé la mort d’un fœtus ou de médecins responsables d’un tel décès à la suite d’une erreur médicale par exemple. Il se défendait bien sûr de vouloir porter atteinte au droit à l’avortement. Sauf que personne ne fut dupe longtemps et surtout pas les associations défendant le droit des femmes. Car en effet, par de telles dispositions, on reconnaissait d’abord et avant tout le « droit de l’enfant à naître » pour reprendre l’expression de Christine Boutin, nous donnions également un statut nouveau à l’embryon et donc… cela créait inexorablement une brèche juridique considérable dans le simple droit d’avorter. Magistrat de profession, notre Député ne pouvait probablement l’ignorer.

A lire la prose immonde de certaines associations intégristes, elles au moins ne l’ignoraient pas et s’en réjouissaient ouvertement : l’association « SOS tout-petits » manifestait, au moment du vote de l’amendement, aux abords du siège du Planning Familial aux cris de « Planning familial, la révolution et le meurtre »  et le mouvement « Laissez-les-vivres » déclarait que l’amendement Garraud « constituait une brèche dans le mur de la culture de la mort » et rajoutait cette analyse juridique à mon avis fondé :

 «  avec cet amendement, on se trouverait dans la situation suivante :

-         il est autorisé par la loi de tuer volontairement un enfant dans le ventre de sa mère

-         la loi punit celui qui tue l’enfant involontairement

et d’ajouter : «  La cour de cassation se verrait alors dans l’obligation de reconnaître au fœtus le statut de personne humaine que la France lui refuse jusqu’alors ».

Au final, il aura fallu une large campagne de réprobation nationale, relayée sur l’ensemble des bancs de l’Assemblée, pour que cet amendement soit repoussé et abandonné.

Mais au-delà de cet épisode, l’amendement dit Garraud aura été une piqûre de rappel à celles et ceux qui considèrent à tort que l’acquisition de droits, même parmi les plus fondamentaux, est inaliénable. Il y a toujours des nostalgiques des batailles réactionnaires. Demain, en ce 8 mars 2007, il faudra redire notre attachement à voir le droit des femmes avancer significativement lors de la prochaine législature, et pourquoi pas comparer les programmes présidentiels des candidats sur ce sujet…

Par Philippe Buisson - Publié dans : Philippe Buisson
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