Mes Chers Amis,
Merci d’être, une nouvelle fois, présents nombreux pour cette dernière réunion publique en Libournais avant le 1er tour de dimanche prochain.
Merci d’avoir organisé dans ce pays foyen, c’est-à-dire dans cette enclave girondine dans le département de la Dordogne cette réunion en présence de personnalités qui savent guider la Gauche vers des victoires sur cette partie de l’Aquitaine.
Je veux à mon tour saluer avec chaleur les Présidents de nos Conseils Généraux respectifs Bernard Cazeaux et Philippe Madrelle, saluer avec une complicité toute particulière Gilbert Mitterrand dont je mesure l’affection qu’il porte à ce pays foyen, lui qui a été longtemps votre député, saluer enfin Cécile Labarthe et Robert Provain, engagés tout comme moi dans les élections législatives de juin prochain avec des espoirs importants de l’emporter, je le crois.
Mes chers Amis,
On nous dit que les français ne s’intéressent pas à la politique, on nous affirme que la gauche serait subclaquante, on nous ressert le sempiternel refrain qu’il n’y aurait plus de différences majeures entre la Droite et la Gauche.
Et bien cela est faux, absolument faux, et ce sera la première leçon de cette campagne présidentielle au cours de laquelle les médias s’acharnent à parler de tout sauf du fond, préférant disserter sur la couleur du tailleur ou la taille des talonnettes plutôt que d’organiser la confrontation pédagogique des projets soumis au scrutin des français.
Et bien ce soir, à tous ceux qui doutent des différences entre la Gauche et la Droite dans ses fondamentaux, je souhaite que nous puissions revisiter en quelques mots les profondes divergences réelles et fondatrices du clivage séculaire qui divise, depuis la révolution française et jusqu’à présent, les deux principaux courants de pensée de la classe politique française.
Et finalement, si en cette fin de 1ère phase de la campagne présidentielle, l’important serait de revenir à ces explications fondatrices, à ces différences entre le parti du mouvement – la gauche- et le parti de l’ordre – la droite-, s’il fallait rappeler même l’origine des mots gauche et droite, ce positionnement géographique dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale où, un jour d’août 1789 se sont rassemblés à la gauche du président ceux qui ont refusé les quasi- pleins pouvoirs au Roi, et à droite ceux qui les lui ont accepté.
Finalement, est-ce que les choses ont beaucoup changé entre ceux qui veulent donner le pouvoir au peuple et ceux qui veulent au contraire le confisquer pour sauvegarder à couvert leurs multiples intérêts ?
Oui, mes chers amis, ces différences sont toujours vivantes, elles sont plus que jamais d’actualité, entre la gauche, le parti socialiste notamment, qui a comme vocation à défendre les plus faibles et qui fait de l’égalité sa valeur clé, cette valeur qui donne leur contenu réel à toutes les autres
et la droite qui s’adapte, elle, de l’inégalité constatée entre les individus, entre les faibles et les forts, entre les intelligents et les moins intelligents, entre les femmes et les hommes, en prônant d’abord comme valeur essentielle et structurante de leurs convictions et de leurs agissements la liberté des individus quitte à ce que cette liberté accentue les écarts sociaux.
Et je ne parle même pas de ce grave égarement de Nicolas Sarkozy qui s’aventure désormais sur le terrain nauséabond des thèses eugénistes, ces thèses qui laissent à penser que nous aurions un déterminisme génétique capable d’expliquer tous nos comportements, même les plus déviants.
Je suis scientifique de formation, biologiste même, et je connais bien ces dérives populistes et révisionnistes celle qui contestent les conceptions de Darwin sur l’évolution des espèces, ce sont les mêmes contestations, pardon de le dire, qui ont peu ou prou servi les thèses du fascisme au siècle dernier.
Mais revenons à des clivages plus traditionnels,
Oui, la Droite s’accommode tranquillement du fossé qui ne cesse de se creuser entre les 5% de la population la plus riche de ce pays et les 25% des plus pauvres d’entres nous.
Pour éclairer cela, comparons simplement et objectivement les mesures phares de Nicolas Sarkozy et de Ségolène en matière de pouvoir d’achat.
Je l’ai dit souvent au cours de cette campagne, mais il faut sans cesse le rabâcher au cours de ces derniers jours avant le 1er tour :
Quelle est la proposition de Ségolène la plus symbolique de son programme en la matière ?
Probablement relever les bas salaires et le seuil du smic à 1500 euros, de rehausser les petites retraites, les allocations pour les personnes frappées de handicap, ou bien encore la revalorisation de l’allocation de rentrée scolaire.
A contrario, quelle est la proposition de Nicolas Sarkozy la plus symbolique de son programme ?
A coup sûr, de baisser de 30 milliards d’euros les impôts des plus riches en abaissant le plafond du fameux bouclier fiscal.
Voilà la réalité : d’un côté, une volonté de redistribuer au plus modestes, ils sont des millions, et vous êtes des dizaines à pouvoir en bénéficier, de l’autre la volonté d’enrichir un peu plus quelques milliers d’hyper privilégiés qui s’ennuient à Stadt, et ceux-là, ils ne sont pas avec nous ce soir à priori…
Ne passons pas sous silence ces différences colossales qui s’affrontent et qui traduisent deux visions pour la France, l’une solidaire, l’autre ciblée pour défendre les intérêts des plus riches. Et l’intérêt des plus riches est rarement l’intérêt des plus modestes et des plus faibles…
Il en est de même avec cette proposition d’instaurer une TVA Sociale qui n’a de sociale que le nom.
Là encore expliquons cette mesure qui, comme ça, tinte bien et pourrais laisser penser qu’il s’agit d’un progrès pour les plus faibles, puisqu’elle utilise le mot « social ».
De quoi s’agit-il au juste : Tout simplement de faire payer aux consommateurs l’allègement des cotisations accordées aux employeurs.
Dit autrement, les salariés devront payer demain une partie des impôts de leurs employeurs au prétexte de la préservation de leur propre emploi.
Là où nous nous battons pour stigmatiser une hausse substantielle du pouvoir d’achat des français, la Droite répond par une nouvelle augmentation des prélèvements – la TVA étant d’ailleurs probablement l’impôt le plus injuste puisque tout le monde le paye à égalité quelque soit son niveau de rémunération-.
Alors oui, il y a des différences profondes de conceptions de société et c’est sur ces différences que les français devront d’abord choisir, dans quelques jours, le destin de la France.
Oui, nous devons déjouer le piège grossier tendu par certains de la confusion et du nivellement des discours par le bas, et encore lorsqu’ils existent !
Il nous appartient d’imposer les débats de fond car nous devons avoir confiance dans la confrontation des projets et dans la défense du Pacte Présidentiel que porte Ségolène. C’est notre atout majeur et nous devons le faire vivre et l’exprimer.
La France que nous voulons ne ressemble pas à celle d’aujourd’hui et encore moins à celle que nos concurrents de Droite nous proposent.
Nous avons un devoir de victoire, non pas pour nous même, non pas la victoire d’un camp contre l’autre, mais celle d’une France qui fait le choix que pour être forte il convient d’abord d’être juste.
Mes Amis, nous gagnerons si nous imposons cette clarté et cette clarté elle commence dans la reconnaissance des idées politiques.
Dans cette campagne, ceux qui y ont intérêt cherchent à brouiller les cartes, soit parce qu’il faut oublier qu’ils sont comptables du bilan,
soit pour faire oublier que les élus dont ils relèvent dans toutes les assemblées locales gouvernent toujours avec
je parle ici de l’UDF dont nous pouvons au moins affirmer une chose sans risque d’être contredit, c’est que s’il y a au moins un endroit où nous ne les avons jamais vus, c’est bien à gauche !
A chaque fois où l’UDF est en responsabilité, à chaque fois où elle dirige une collectivité, elle ne le fait pas avec les uns ou avec les autres, une fois avec l’UMP, l’autre fois avec le PS. Non, elle le fait toujours avec la Droite et rien qu’avec la Droite.
Et nous ne faisons jamais de différence entre une politique UDF et une politique mise en place par l’UMP. Voilà la Réalité.
L’apolitisme, c’est toujours l’arme de la Droite quand elle est faible… Ne nous y trompons pas !
Quant à Nicolas Sarkozy, il n’a de cesse de chercher à faire oublier qu’il est le candidat sortant, c’est à dire le candidat de l’échec et de la régression de la France.
Rappelez là encore toujours ce bilan, car il est la vérité :
Un chômage qui ne baisse que dans les statistiques officielles et que plus personnes ne croient – il faut même désormais que l’institut européen viennent les démentir tellement elles sont grossières -,
une croissance plus faible que dans les autres pays européens, un endettement public record qui est passé de 900 à 1200 Mds d’euros en moins de 5 ans,
un déficit historique des comptes sociaux de plus de 60 Md d’euros,
une balance commerciale hyper-déficitaire,
une précarité en hausse dans tous les domaines due notamment, je le disais à l’instant, à une baisse du pouvoir d’achat… et la liste serait longue.
J’enrage quand je vois fleurir ces affiches malhonnêtes « la Gauche a ruiné la France » et quand je compare simplement le bilan de notre Gouvernement entre 1997 et 2002 et le bilan de cette mandature.
Nous avions créé plus d’un million d’emplois, la balance commerciale était excédentaire – souvenez-vous, qu’avec nous, Airbus vendait beaucoup plus d’avions que Boeing, souvenez-vous même que c’était l’époque où le vin se vendait franchement bien, ici en France et à l’export-,
les comptes sociaux étaient à l’équilibre, et l’essentielle même de la polémique en 2002 portaient sur la redistribution de la fameuse cagnotte, signe – je vous l’accorde un peu spécieux- que les caisses de l’Etat débordaient de trésoreries.
Avec nous les caisses étaient pleines, avec eux elles sont vides, mais nous avons ruiné la France…
Comprends qui pourra mais c’est vrai que la meilleure défense c’est l’attaque surtout lorsqu’il s’agit de cacher ses incapacités et ses échecs.
Car il y a trois records que la Droite vient de battre, et ces records c’est vrai nous ne les battrons jamais :
- Elle avait promis en 2002 la baisse des impôts, elle aura réussit à augmenter le niveau des prélèvements à un niveau jamais atteint
- Elle avait promis d’améliorer la compétitivité des entreprises…. Perdu, le déficit de notre commerce extérieur atteint 30 Md d’Euros
- Elle avait fait campagne sur la question de l’insécurité et des violences… là aussi, échec, jamais, dans notre pays, il n’y a eu autant d’agressions envers les personnes physiques, sans parler de cette période d’émeutes et de la mesure de couvre-feu qui s’en est suivie.
Mes Chers Amis, face à cette droite, cette droite agressive, populiste, face à cette droite qui n’assume ni bilan, ni débat, il n’y a qu’une seule méthode qui peut nous conduire à la victoire c’est celle du combat et de la mobilisation.
Il nous reste une dizaine de jours pour faire sonner l’heure de la vérité.
Il nous reste une dizaine de jours pour que l’espoir que nous portons, celui de relever ce pays et de le remettre en mouvement, devienne majoritaire.
Une campagne se gagne ou se perd dans les derniers jours et nous entrons dans ces moments où les cristallisations des votes s’opèrent.
Je sens sincèrement que le vent ne nous est pas défavorable, je sens que cette victoire est à portée de main car je sens que les français comprennent que le changement auquel ils aspirent, c’est Ségolène Royal qui l’incarne, elle et elle seule.
Alors, portons Ségolène Royal au plus haut, faisons du sondage de Sud Ouest une réalité au 1er tour car c’est là où tout se décidera.
Déployons-nous, allons convaincre sans cesse, portons cette espérance, n’ayons peur de rien, ni des autres ni de nous même,
Redressons la tête, travaillons, expliquons, méritons la confiance des français,
Et, mes chers amis, si nous créons comme je le crois l’élan le 22 avril, alors nous aurons fait le plus dur du chemin pour que le 6 mai au soir, la France, la république et la présidence se conjuguent vraiment au féminin, avec un visage nouveau qui l’incarnera, ce visage sera celui d’un espoir, il sera celui de Ségolène Royal.


