J’ouvre ce blog par un hommage, un hommage à celui que j’aurai tant aimé rencontré, même furtivement, lui qui voilà 10 ans nous quittait et qui, aujourd’hui encore, n’a de cesse d’éclairer notre actualité politique, notamment à gauche.
C’est un singulier parcours que le mien : Dès mon adolescence, Mitterrand m’a fasciné; je me souviens du 10 mai 81 bien sûr, vécu dans mon petit village de Chirac en Charente limousine , de la joie mesurée de mes parents, tendance « communiste rénovateur » dans la mouvance de Marcel Rigoud ( qui rentrera d’ailleurs dans le gouvernement Mauroy); ils étaient sceptiques mais ils étaient contents… moi, ravi ! Je n’avais aucunement l’intention de faire de la politique et rien ne me prédisposait à croiser, un jour, l’intimité de celui que le peuple de France venait de conduire au pouvoir, solution à l’époque originale au regard du contexte international des années 80.
20 ans plus tard, par un formidable concours de circonstances, je suis l’un des plus proches collaborateurs - et fidèle ami - de son fils Gilbert à la Mairie de Libourne.
Mitterrand m’environne donc en permanence. Au travers sa famille bien sûr, mais aussi par cette chance incroyable de pouvoir partager quelques moments privilégiés en présence de mitterrandistes dits du « 1er cercle », c’est-à-dire de ceux qui ont écrit l’Histoire à ses côtés où ceux, plus discrets, fidèles des fidèles, qui l’ont accompagnés et qui conservaient auprès de lui l’ oreille assidue de la France profonde ; enfin par l’émotion dégagée de ces lieus mythiques traversés, de Latche à la rue de Bièvres, de Jarnac à l’hôtel du Vieux Morvan .
Je vis avec, tout le monde m’en parle et je ne l’ai pourtant jamais rencontré. Cela m’a peut-être évité d’être l’un de ses jeunes courtisans…
Arrivé en 1997 auprès de Gilbert en tant qu’attaché parlementaire puis directeur de cabinet, j’ai par contre traversé, à ses côtés et aux côtés de ses proches, beaucoup de turbulences autour de polémiques concernant son père, qu’il s’agisse des attaques éhontées sur l’œuvre ou sur le personnage.
Heureusement, le stade de la lucidité et de la vision objective des choses semble enfin atteint ; les procurateurs et les calomniateurs ne tiennent plus le haut du pavé. Ça repose !
Car enfin, on voit bien aujourd’hui une classe politique toute entière, de droite comme de gauche, revenir régulièrement à ce qu’il a pensé, fait ou dit sur tel ou tel sujet, pour y trouver des sources d’inspiration.
Ce 8 janvier 2006, nous serons à Jarnac pour un moment de recueillement au cimetière Grand-maison, puis pour l’inauguration de sa maison natale, rachetée par la ville de Jarnac et ainsi sauvée de spéculations foncières peu glorieuses.
Tout cela pour faire mieux vivre la mémoire de François Mitterrand dans toutes ses dimensions, des plus historiques aux plus actuelles, et faire prévaloir contre les calomnies bien sûr mais aussi contre l’anachronisme et l’oubli, une connaissance sereine, argumentée de sa personnalité et de son action .
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